Force Femmes, l’emploi des + de 45 ans

Force Femmes est une association reconnue d’intérêt général qui a pour objectif d’accompagner les femmes de plus de 45 ans, au chômage depuis moins de deux ans, dans leurs démarches de recherche d’emploi ou de création d’activité. Elle est présidée par Françoise HOLDER et fête cette année ses 10 ans d’existence (plus d’informations sur l’activité et les lieux d’implantation sur le site).

Dans le cadre d’une collaboration avec le Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social, Force Femmes a mené une enquête sur l’emploi des femmes de plus de 45 ans.

Force Femmes, quel avenir pour l'emploi des femmes de plus de 45 ans ?

Crédit Photo : @Egalimère

Le séminaire de restitution s’est tenu le 10 septembre 2015 au Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des Femmes en présence de Myriam EL KHOMRI– Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Emmanuelle WARGON – Déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle et Pascale BOISTARD – Secrétaire d’État chargée des Droits des femmes (en cliquant sur les noms, vous trouverez l’intégralité de leur discours)

 

Ministère des Affaires Sociales, colloque Force Femmes

Crédit Photo : @Egalimère

Colloque Force Femmes

Pascale Boistard

Colloque Force Femmes

Myriam El Khomri

Colloque Force Femmes

Emmanuelle Wargon

Présentation de l’enquête :

Enquête Force Femmes

Retrouver l’intégralité de  l’enquête ICI

Cette enquête a été menée entre le 18 mars et le 29 mai 2015, dans la France entière, auprès de 83 DRH, 51 cabinets Ressources Humaines et 776 femmes de plus de 45 ans sans emploi.

Qui sont-les femmes interrogées ?

56 % des femmes interrogées sont en recherche d’emploi depuis plus d’un an, majoritairement licenciée pour raisons économiques et sont soutien de famille.
Parmi les difficultés ressenties dans la perte d’un emploi, elles évoquent l’augmentation de leur salaire pour les employeurs, un manque d’accès à des postes à responsabilités, la concurrence des jeunes employé-e-s.

Ce qui ressort de l’analyse des profils, c’est que les femmes séniores interrogées cumulent des difficultés lorsqu’elles sont seules avec des enfants :
Manque de temps pour la recherche d’emploi, or, la recherche d’emploi doit se faire à temps plein,
Urgence de retrouver un emploi qui accroît les risques d’accepter en emploi sous qualifié, sous payé, précaire…

Elles sont issues de différents secteurs d’activité (Ressources humaines, communication, santé, marketing, assistanat) qui restent des secteurs traditionnellement féminin mais souhaitent trouver un emploi dans le même domaine.

Infographie Force Femmes

Infographie Force Femmes 2

(Cliquez sur les images pour les agrandir )

Le défi du projet professionnel :

La plupart des femmes interrogées souhaitent retrouver le même emploi que celui qu’elles ont perdu. Or, avec l’évolution des nouvelles technologies, les fermetures d’entreprises, la crise économique, certains de ces emplois ont disparu… Il va donc falloir revoir leur projet professionnel en élargissant les pistes possibles, d’où l’importance du travail sur les expériences, les connaissances et les compétences. Elles sont également plus nombreuses à penser à la création de leur propre activité.
Pour elles, l’épanouissement professionnel passe par l’adéquation de leurs valeurs à celles de l’entreprise, la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle, une situation professionnelle confortable et des responsabilités.

Les freins à la recherche d’emploi :

Parmi les freins les plus fréquemment cités, on retrouve :-

  • Un manque de temps à consacrer à la recherche d’emploi,
  • Un besoin de méthode de recherche d’emploi,
  • La méconnaissance des réseaux et de ce que cela peut leur apporter : là où les hommes considèrent que le réseau est un élément de performance professionnelle, les femmes n’osent pas faire jouer leur réseau, elles ont l’impression de devoir quelque chose à la personne, de devoir faire entrer de l’affectif dans les relations professionnelles…
  • La crainte du numérique : tant que la personne est en poste, elle s’adapte à l’évolution du numérique. Une fois éloignée de l’emploi, elle n’a plus accès à ces outils et perd en compétences professionnelles,
  • Une perte de motivation : elles sont affectées par les non réponses des employeurs car elles trouvent cela dévalorisant de ne pas en avoir, de ne pas être convoquées à un entretien et cela affecte leur confiance en elle,
  • Un manque de confiance en soi,
  • Les concessions à faire.

Elles sont conscientes qu’il leur reste 5 ou 10 ans à travailler dans une entreprise mais elles vivent cela comme un frein en se disant qu’un employeur ne va pas embaucher une personne qui va partir dans ces échéances. Or, il s’agit là d’un vrai stéréotype car la durée moyenne d’un emploi dans une même entreprise est de 5 à 10 ans. De plus, quand un employeur embauche un-e jeune, il ne se pose pas la question de la durée pendant laquelle il-elle va rester dans l’entreprise. Or, les jeunes sont davantage enclins à la mobilité et au désir de changement. Il est donc plus « risqué » pour un employeur de recruter un-e jeune s’il cherche une personne qui restera fidèle à son entreprise.

Les employeurs comme les femmes interrogées reconnaissent des atouts aux femmes de plus de 45 ans : conscience professionnelle, autonomie, capacité à la prise de recul, expérience professionnelle, organisation.

Il est donc important pour les femmes de plus de 45 ans de valoriser leur parcours professionnel en mettant en avant les compétences acquises tout au long de leur carrière.

Quelques conseils pour les femmes de plus de 45 ans ?

Les différents intervenants de la journée étaient d’accord sur les freins que se mettent les femmes et le mot d’ordre est OSER !!! Mais avant de se lancer dans les démarches de recherche d’emploi, il faut être au clair avec son parcours et son projet professionnel.

Le travail sur le projet professionnel est donc essentiel. Il est souvent plus difficile à élaborer pour les femmes qui doivent prendre en compte différents éléments (enfants ou parents à charges) mais c’est en travaillant sur ces contraintes qu’il sera possible de déterminer un projet qui soit réaliste et réalisable.
Le premier piège dans la recherche d’emploi est l’isolement. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par une structure ou rejoindre un réseau d’entraide pour les personnes en recherche d’emploi (lire à ce propos “ Entreprendre une reconversion professionnelle “).
Lors de l’élaboration de sa fiche de compétences, il ne faut pas hésiter à mettre ses compétences les plus élevées. Là où un homme va se dire qu’il peut postuler même s’il n’a pas toutes les compétences et qu’il apprendra sur le terrain là, une femme va attendre d’avoir toutes les compétences pour postuler. Il faut donc OSER.
Capitaliser les compétences, c’est à dire ne pas hésiter à se mettre à plusieurs pour rechercher un emploi.
Chaque personne a besoin d’une identité numérique, qu’on soit homme ou femme, étudiant ou salarié… L’inscription sur les réseaux sociaux ou professionnels est incontournable de nos jours.

Quelques idées concrètes pour faire avancer les choses ?

Voici quelques idées relevées à la fin de la table ronde et des échanges avec la salle :

  • Développer l’accès pour les séniors aux formations numériques et linguistiques,
  • Poursuivre les contrats aidés permettant d’avoir des exonérations de charges fiscales,
  • Combattre les discriminations dans les recrutements,
  • Combattre le sentiment de discrimination en demandant aux recruteurs de faire une restitution à chaud à la candidate en mentionnant les points forts et les points à améliorer dans sa candidature. Cette démarche aura le double avantage de forcer le recruteur à se demander sur quels critères il se base pour retenir ou non une candidature. Autre avantage pour la candidate : avoir un retour positif et repartir avec des axes de progrès dans sa candidature.
  • Intégrer un collectif pour la recherche d’emploi,
  • Faire évoluer l’accueil des candidates séniores à Pole Emploi en menant des actions de sensibilisation sur les stéréotypes,
  • S’inscrire sur les réseaux sociaux et professionnels et continuer à mener des actions pour expliquer aux candidates pourquoi il est important de s’y trouver et surtout, comment s’en servir,
  • Oser, arrêter l’autocensure en mettant en avant ses compétences et en valorisant son parcours,
  • Penser à la VAE pour acquérir un diplôme et valoriser également ses compétences et son parcours professionnel,
  • Créer des binômes intergénérationnels comme existent déjà des binômes interculturels : une personne a la maîtrise de l’outil, l’autre l’expérience ce qui entraîne un gain de coût, une augmentation de la productivité par une accélération du projet,
  • Communiquer auprès des entreprises sur les bénéfices de l’intergénérationnel en terme de gain de productivité.

L’enjeu de l’emploi des femmes séniors est de taille. En effet, les femmes de plus de 45 ans ont souvent eu des parcours professionnels hachés du fait de leurs grossesses ou congé parentalité, elles sont majoritaire à travailler à temps partiel, à poste et formation égale, elles gagnent 27 % de moins que leurs homologues masculins… Elles ne doivent pas rester en marge de la reprise économique et il est grand temps que les politiques publiques s’en soucient et mettent en œuvre la plupart des mesures présentées lors de cette journée.

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