Et entendre ton rire comme on entend la mer

Depuis que je suis partie de la maison ce matin, j’ai cet air de Renaud dans la tête. Je fredonne « Et entendre ton rire, comme on entend la mer, s’arrêter, repartir en arrière » en boucle.

Parce que ça m’a fait un bien fou d’entendre Loulou rire ce matin. Tellement de bien que j’ai eu du mal à contenir mes émotions. Encore une fois, mon cœur de Maman a fait BOUM. Un boum de bonheur et de soulagement.

Bienvenue en préadolescence !

Je m’attendais à ce que l’entrée en 6ème soit difficile pour Loulou puisqu’elle signifiait l’entrée dans la préadolescence.

Cette période où les portes claquent, les parents sont trop nuls et l’envie d’indépendance grandissante.

Je me préparais à affronter des réflexions comme chez ma copine La Carne. J’étais prête à endosser mon lot de critiques.

Nous avons déjà eu droit à quelques “Je ne peux jamais rien faire” “Vous êtes toujours sur mon dos“. A des interdictions d’entrer dans sa chambre et une ou deux fois des portes qui se ferment brutalement.

Alors oui, je m’attendais à me prendre de plein fouet cette décharge hormonale. Je me suis même demandé comment l’aider à franchir ce cap qui pourrait être difficile.

Mais au lieu de ça, je crois que c’est le sol qui s’est ouvert sous mes pieds et j’ai plongé dans un gouffre sans fond.

Prendre la parole sortir de sa coquille

Crédit photo @Nana Cam Photos

La tempête intérieure…

Depuis mardi, nous avons pris connaissance de cette tempête intérieure qui a envahi notre enfant.

Nous pensions que sa vie était un long fleuve tranquille. Qu’il était heureux de vivre, épanoui, fier de son parcours et encore plus depuis l’entrée en 6ème :

  • Il a été retenu dans une classe culturelle et sportive pour laquelle il y avait une sélection à l’entrée (75 candidats pour 24 places).
  • La campagne pour les élections des délégué·e·s de classe s’est avérée victorieuse. Ses résultats scolaires sont bons.
  • Lors de son dernier match de handball, il a marqué des buts, son équipe l’a félicité et son coach encouragé.

Pour nous, ses parents, c’était sur et certain, il était heureux.

Mais mardi, alors que nous étions tous les deux à la maison en train de faire ses devoirs et réviser ses leçons, il a fondu en larmes sans pouvoir s’arrêter. Pas des petites larmes de chagrin. Non, le flot ininterrompu accompagné de sanglots.

Rien de ce que je disais ne semblait le réconforter. Je me sentais tellement démunie face à cette immense crise, à ces larmes qui coulaient tant et plus. Nous avons discuté, longtemps. J’ai essayé de le rassurer, de trouver les mots, mais ça n’avait pas suffi. Il avait encore des choses à nous dire.

Alors le soir, nous avons relancé le sujet avec son père. Et c’est là qu’Egalipère m’a rejoint dans le gouffre sans fond.

Loulou - Transport en commun - Préadolescence

Voyage en eaux troubles…

Notre fils se pose beaucoup de questions. Trop de questions peut-être. Des questions existentielles dont certaines nous ont fait peur.

Je ne vais pas entrer dans le détail, mon esprit a déjà bien assez cogité comme ça depuis quelques jours.

Mais surtout parce que tout ça, ça lui appartient à Loulou. C’est son histoire, ses questions, ses angoisses. Et par respect pour lui, vous n’en saurez pas plus.

Depuis mardi soir donc, nous sommes très vigilant·e·s. Nous faisons attention à ce que nous disons et soulignons tout le positif qui vient de lui.

Nous soutenons notre enfant, nous essayons d’être son phare au milieu de la tempête. Et puis, nous lui rappelons à quel point on l’aime. Et punaise, qu’est-ce qu’on l’aime ce Loulou. Lui qui est arrivé trop tôt mais qui semble si fort et si costaud maintenant. Une belle illusion pour ce petit être finalement fragile…

A sa demande, nous avons pris rendez-vous avec l’orthophoniste qu’il avait rencontrée il y a 2 ans. Nous savons qu’il lui fait confiance et peut lui parler librement de tout. Nous verrons après cette prochaine séance si elle veut bien continuer à le recevoir ou si elle nous oriente vers un·e autre professionnel·le.

anonymat - bulle - coucher de soleil

Crédit Photo : @Nana Cam Photo

Et entendre ton rire, comme on entend la mer…

Voilà pourquoi ce matin, l’entendre rire alors qu’il naviguait en eaux troubles depuis n des jours m’a remplie d’un bonheur immense.

Je finissais de me préparer quand j’ai entendu Loulou et Ti’Loulou dans leur chambre. Il était déjà 8 heures passée. En d’autres temps, je me serais précipitée pour leur demander de se dépêcher d’aller brosser leurs dents, s’habiller, mettre leurs chaussures.

Mais là, je me suis approchée à pas de louve jusque devant leur porte et je les ai écoutés. Ils étaient allongés sur le lit de Ti’Loulou et se faisaient des chatouilles. Ils riaient. Riaient à en faire pâlir toutes les mouettes rieuses de la terre. Si j’avais eu mon téléphone à portée de main, je les aurai enregistrés ces rires. Pour me les passer en boucle. Les écouter encore et encore et me dire qu’il y a des moments où il oublie toutes ses questions. Des moments où il est juste un enfant de presque 11 ans qui profite de la vie, de sa vie.

Parce que oui, j’ai envie que sa vie soit belle.

J’ai envie qu’il vive de belles choses, qu’il profite de chacun de ces moments et les grave dans sa tête. Qu’après des années à parcourir les océans de la préadolescence, de l’adolescence et de la vie de jeune adulte, il le trouve enfin son Eldorado, son paradis.

Alors ce matin, j’ai mis de côté tous mes principes. J’ai dit merde à la course du matin, à la routine et j’ai laissé faire. Parce qu’il y a bien plus grave dans la vie que d’arriver en retard. Il y a une mer déchaînée qui risque de faire sombrer mon enfant s’il n’arrive pas à retrouver des eaux plus clémentes.

L’entendre rire ce matin, c’était comme s’il m’envoyait une bouée de sauvetage pour me dire qu’on va s’en sortir.

Et tu sais quoi Loulou ? Entendre ton rire ce matin, c’était la plus belle chose que j’ai entendu au monde. C’était plus beau que la mélodie des sirènes qui voudraient que tu les rejoignent dans leurs abimes.

Alors Loulou, continue à rire et à profiter de la vie, de ta vie. Et j’espère du plus profond de mon cœur t’entendre rire encore et encore…

Silent Sunday 47 - Arromanches

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  4. By Val

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