Même les super héroïnes peuvent être fatiguées

“Epuisééééé, lessivéééé, j’ai envie de pleureeeeeeer…”. Voilà ce qu’aurait pu être ma chanson de cette fin de semaine. Et oui, même les super héroïnes peuvent être fatiguées… Enfin, je ne suis pas une super héroïne non plus hein. Sous mon avatar avec un slip au dessus des collants et une cape, je suis bien réelle. Un être humain avec ses forces et ses faiblesses qui craque de temps en temps, comme tout le monde.

Nous, les héroïnes du quotidien

Quand j’ai créé ce blog, je voulais faire passer quelques messages au sujet des inégalités entre les femmes et les hommes. Parler de l’équilibre vie professionnelle – vie personnelle me permettait de pointer du doigt cette inégale répartition des tâches au sein de la majorité des couples hétérosexuels. Pour rappel, les femmes consacrent 3 h 26 par jour aux tâches domestiques (ménage, courses, soins aux enfants, etc.) contre 2 h pour les hommes (Source INSEE), qu’elles travaillent ou non.

Cette inégale répartition des tâches a des conséquences sur la vie professionnelle ou les activités liées au loisirs, à la vie associative… Elle explique en partie le recours des femmes au travail à temps partiel avec les répercussions que cela peut avoir sur la carrière, la rémunération et donc, la retraite…

Autre répercussion : les femmes ont également moins de temps libre que les hommes. 2 h 45 par jour consacrées à la lecture/promenade/sport/TV… pour les femmes contre 3 h 20 pour les hommes.

Je ne jette la pierre sur personne, je donne les chiffres de l’INSEE. Dans certains foyers, cela ne se passe pas du tout comme ça. Dans d’autres, les différences sont accentuées. Il s’agit là d’une moyenne.

Et c’est important pour moi de vous rappeler ces chiffres pour que vous compreniez qu’il n’existe pas de club des super héroïnes dans lequel j’aurai une carte de membre. Nous sommes toutes confrontées à cette réalité même si, encore une fois, ces chiffres sont des moyennes.

Les petits grains de sable dans l’organisation

Dans notre foyer, nous avons réparti les tâches en fonction de nos disponibilités, de nos appétences, des nos loisirs et des enfants. En temps normal, tout roule. Notre organisation est bien rodée, planifiée, gérée en amont. Nous savons qui fait quoi, quand, qui amène les enfants, les récupère, les dépose aux activités sportives…

Donc, normalement, tout roule ! Les journées sont speeds, certes, mais comme dans la plupart des familles.

Et puis il y a eu cette semaine et ses imprévus.

Lundi

Alors que je suis en chemin pour aller récupérer Ti’Loulou au centre de loisirs, le responsable m’appelle. Mon fils est tombé, il s’est ouvert le haut du crâne. Lorsque je le vois, je sais que la soirée ne va pas se passer comme prévu. J’appelle Egalipère qui devait s’occuper des enfants pendant que j’allais à mon cours de boxe. Il ne peut pas s’absenter de son travail sur le champs, il n’a pas terminé ses consultations. J’amène Ti’Loulou au dispensaire à côté du centre de loisirs pensant que la médecin sur place pourrait faire quelque chose pour la plaie. Mais elle est trop étendue et Ti’Loulou se plaint d’une forte douleur dans le bas du dos et la cuisse. Elle préfère nous envoyer consulter les urgences.

Adieu cours de boxe, bonjour la soirée aux urgences. Au final, rien de grave. Il s’en sort avec 2 agrafes sur la tête, un bleu sur les fesses et une petite frayeur.

Urgences du Kremlin Bicêtre - Egalimère

Mardi

Le malaise voyageur dans le RER B qui a entraîné d’autres malaises voyageurs et le blocage de la ligne. Après avoir attendu près d’une heure pour pouvoir monter dans une rame, j’ai choisi de changer d’option. Marche à pied, bus, une première ligne de métro, une deuxième, re-marche à pied.

Au final, rien de grave, je suis arrivée au boulot avec près de 2 h de retard mais j’y suis arrivée.

RER B - Incident voyageur - Egalimère

Mercredi

Jour soit-disant off pendant lequel je m’occupe de tout ce dont je n’ai pas le temps de m’occuper en semaine.

Dans l’après-midi, je reçois un appel de mon boss qui m’indique que le RV du lendemain doit être annulé pour raison de santé. Sauf que je n’ai pas avec moi les coordonnées de la personne avec qui nous avions RV. Pas grave, j’appelle ma collègue qui heureusement était disponible. Guidage par téléphone pour qu’elle retrouve le mail et les coordonnées, me les envoie sur ma boîte mail perso.

Le soir, je me pose et envisage de regarder la fin de WestWord… A 30 minutes du dénouement final, c’est un Egalipère boitant qui rentre du badminton : entorse !

Comme il devait récupérer Ti’Loulou à la sortie de l’école jeudi soir (je devais me rendre à l’avant première de Numéro Une), cela nécessite une réorganisation. On trouve rapidement une solution : Loulou ira chercher son frère.

Au final, rien de grave, un RV annulé et reporté, un Egalipère avec une cheville endolorie, un grand frère qui va chercher son petit frère…

Jeudi

Egalipère a mal, très mal mais sa conscience professionnelle prend le dessus, il va bosser. On brieffe à nouveau Loulou et Ti’Loulou sur l’organisation de la fin de journée et nous voilà partis.

Vers 18 h, j’appelle pour m’assurer que Loulou ait bien rempli sa mission avant de partir à l’avant-première.

18 h 45 – message d’Egalipère : tout le monde est à la maison, je n’ai plus qu’à profiter de ma soirée.

Numéro Une, je vous en parle prochainement dans un billet. J’ai adoré ! En plus, super soirée dans un lieu magnifique.

Au final, rien de grave, Loulou a bien géré, j’ai passé une bonne soirée avec un coucher à 1 h du mat.

Numéro Une - Héroïne du quotidien - Egalimère

Vendredi

Le réveil pique à 6 h mais j’ai passé une bonne soirée.

Egalipère étant toujours dans l’impossibilité de mettre un pied au sol, je fais appel à un parent relais pour le soir. Il récupère Ti’Loulou à 17 h 15 et l’emmène en même temps que son fils au cours de handball. Mot dans le cahier, hop, tout est organisé.

L’ambiance est un peu tendue au boulot. Plus la journée avance, plus je ressens la fatigue physique et mentale. Je gère des mises en relation dans le cadre du boulot, je réponds à des mails, à des coups de fil.

17 h 30, je pars du boulot, je vais récupérer Ti’Loulou à son entraînement. Nous allons prévenir le prof de judo qu’il ne suivra pas le cours en raison de ses agrafes. Puis hop, petites courses à la supérette du coin où nous faisons 20 minutes de queue..

Et enfin, retour à la maison à 19 h 45 !

Au final, rien de grave, la journée s’est déroulée dans encombre, tout le monde a bien rempli son rôle.

Et puis, les réseaux sociaux

Dans ces journées bien remplies, j’aime faire des petites coupures et me rendre sur les réseaux sociaux. En temps normal, c’est à dire quand je suis en pleine forme, je réagis assez rapidement aux commentaires.

J’ai appris à prendre du recul et ne pas répondre quand un commentaire est trop agressif envers moi. Mais parfois, ce n’est pas contre moi que se retourne un commentaire mais contre un lecteur ou une lectrice de la page. Quand il ou elle répond, cela énerve l’autre qui veut à tout prix défendre son point de vue… Et c’est là que ça peut déraper.

Quand j’ai le temps, quand j’ai la disponibilité d’esprit de le faire, je “gère” la situation en essayant de modérer les propos des un·e·s et des autres. Mais pas hier soir. Non, j’étais au bout du rouleau physiquement et moralement après cette semaine.

Alors, par “facilité d’esprit”, j’ai supprimé quelques publications avant que ça n’aille trop loin. Je ne voulais pas passer ma soirée à modérer des propos. Je n’avais vraiment pas ni l’envie, ni la force, ni la disponibilité d’esprit pour le faire. J’étais fatiguée, lessivée. KO debout !

Epernay - silent sunday 25

Au final, rien de grave…

Alors oui, je sais, au final, rien de grave :

Mon fils va bien, il n’a que 2 agrafes sur la tête.

Egalipère va bien, il n’a qu’une entorse. Une vilaine et grosse entorse qui l’empêche de marcher mais rien de grave.

Les transports en commun, j’ai l’habitude…

Réorganiser les journées, soirées… On sait faire, on s’adapte, on fait appel à un parent-relais, une solution de secours.

Le manque de sommeil, tout le monde connaît.

Les commentaires sur les réseaux sociaux, oui, je sais, c’est habituel.

Mais parfois, tous ces petits grains de sable accumulés, ça me donne l’impression de me retrouver face à un mur contre lequel je me heurte. Je me cogne la tête la première et je m’effondre de fatigue. Je n’ai plus la force, plus le courage de me reprendre ce mur de face.

C’est quelque chose qui arrive à tout le monde. C’est normal, nous ne sommes pas des êtres surhumains, nous ne sommes pas des super héroïnes ni des super héros.

Au final, rien de grave, juste une envie de prendre du recul le temps d’une soirée et de souffler…

Comments

  1. By Mel

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