Congé parental pour l’entrée au collège

Lorsque les enfants étaient encore petits, je n’ai jamais ressenti le besoin ou l’envie de prendre un congé parental. J’ai eu du temps pour profiter d’eux et j’ai apprécié chaque moment en leur compagnie.

Loulou est né le 2ème jour de mon congé maternité et mon médecin m’avait prescrit un congé supplémentaire car j’étais épuisée. J’ai repris le travail lorsqu’il avait presque 4 mois.

Pour Ti’Loulou, mon employeur avait décidé de ne pas renouveler mon CDD parce que j’étais enceinte de 6 mois. J’ai donc attendu son entrée à la crèche à 4 mois pour reprendre mes démarches de recherche d’emploi. Encore une fois, j’ai pu passer du temps avec mes enfants et ça m’allait très bien dans ces conditions.

Tout était calé au niveau organisation, articulation vie professionnelle – vie personnelle. Mes enfants semblaient heureux, nous aussi alors je ne me suis jamais plus posé la question du congé parental.

Et puis, les enfants ont grandi et, alors que tout allait bien jusque là, nous voilà confrontés à un véritable tsunami… Et je me dis que là, maintenant, j’en aurai bien besoin, du congé parental !!!

Loulou en colère - Préadolescent - Egalimère

L’entrée au collège, une sacrée étape !

Loulou est entré au collège en septembre. Lui qui était impatient de manger au self, d’avoir sa clé de la maison, a vite déchanté. Le collège, c’est beaucoup de temps seul à la maison quand les parents travaillent. C’est devoir apprendre à s’organiser pour faire ses devoirs et pour les parents, apprendre à faire confiance. Et cela nécessite quelques ajustements.

Quand un enfant dispose de 3 heures de “liberté” devant lui, seul à la maison, vous pensez qu’il va faire ses devoirs ? Il y a de forts risques qu’il se laisse distraire par les bandes dessinées qui sont à disposition, les livres, les jeux… Et quand il se rend compte que vous rentrez et que rien n’est fait, il prend son air le plus assuré et vous répond que oui, tout est fait.

Pour le plus grand malheur des préadolescents, il existe une application : Pronote. C’est une application qui permet de tout savoir ou presque sur la vie scolaire de votre collégien. Vous avez accès à son emploi du temps, les notes obtenues, la liste des profs abstent·e·s, les menus de la cantine… Et les devoirs à faire !

Donc, quand le préado se retrouve devant le fait accompli, cela entraîne quelques tensions à la maison. Parce que oui, à 19 h 30, ce n’est pas vraiment le moment de se mettre à faire ses devoirs pour le lendemain. Nous lui avons donc reproché son manque d’organisation, son laisser-aller et ses engagements non tenus.

La tension est montée petit à petit et puis un jour, voilà que Loulou nous a “explosé” à la figure. Nous avons alors enchaîné les crises, les pleurs, les remises en question… Nous avions face à nous un enfant qui se renferme sur lui, qui ne rit plus, ne sourit plus..

Prendre la parole sortir de sa coquille

Crédit photo @Nana Cam Photo

La face visible de l’iceberg

Face à notre impuissance pour aider Loulou à affronter cette tempête, nous lui avons proposé d’aller en parler à une personne extérieure. Il n’a pas voulu appeler quelqu’un de la famille et nous a demandé de revoir son orthophoniste.

Lors de cette consultation, il a pu lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Avec son accord, elle m’en a fait une brève restitution et m’a confirmé que Loulou ne va pas bien du tout. Elle le revoit la semaine prochaine pour le préparer à aller consulter un·e autre professionnel·le.

En échangeant avec elle, j’ai réalisé que j’étais passé à côté de beaucoup de chose. Je pensais que Loulou était content d’avoir enfin la liberté qu’il nous réclamait depuis le CM2, que tout se passait bien pour lui au collège. Hélas, je ne m’étais pas rendue compte du grand bouleversement qu’a été l’entrée en sixième pour lui.

Elle m’a aussi indiqué qu’elle n’avait pas l’impression de discuter avec un enfant de 11 ans. Il fait preuve d’une très grande maturité et se pose donc de trop nombreuses questions.

Et tout ceci entraîne chez lui une quête identitaire, une crise existentielle. Un tsunami intérieur donc et non une simple tempête…

Et vous la voyez arriver vous aussi, avec ses grands signes et cette envie de venir mettre le bazar dans ma tête ??? Parce que oui, cette fichue culpabilité a pointé le bout de son nez, encore une fois.

Un congé parental “entrée au collège”

Et maintenant que le constat est posé, qu’est-ce qu’on fait ?

Je n’avais pas ressenti le besoin de passer du temps avec mes enfants pendant leur petite enfance. Si j’avais senti le moindre mal-être chez eux, bien sûr que nous aurions pris les mesures qui s’imposaient. Mais tout se passait bien à la crèche, chez la nounou, à la maison. Je n’ai donc pas pris de congé parental.

Mais là, avec cette étape compliquée à franchir, j’en aurai bien besoin d’un congé parental !

Pour passer du temps avec lui et être à ses côtés tous ces jours où il se retrouve finalement seul à la maison.

Etre là pour l’aider à mettre en place une organisation et une planification pour ses devoirs.

Le soutenir tout de suite quand il s’est passé quelque chose au collège avant que les mots se transforment en maux.

Lui donner des indications pour apprendre à apprendre. Etre là pour lui montrer ce qu’il fait de bien au lieu de le voir s’enfoncer dans la culpabilité et le mépris de lui-même.

Parce que c’est maintenant que mon fils a besoin de moi, de nous.

En échangeant avec mes collègues, mes copines, je me suis aperçue que Loulou n’est pas seul dans cette situation. Bien des enfants, à l’entrée au collège, sont complètement déstabilisés par le changement.

Ils commencent les cours très tôt et se retrouvent en dehors du collège à 14 h 30 ou 15 h 30 au moins trois fois dans la semaine.

Le temps consacré à faire les devoirs est très important comparé à l’école primaire.

Si personne ne leur explique comment s’organiser, planifier les devoirs, ils se laissent déborder.

Ils étaient les plus grands en fin de primaire, les voilà redevenus les petits du collège.

Le temps de l’enfance et de l’insouciance se termine brutalement. Ils se retrouvent face à leurs responsabilités d’un coup.

Les copains et les copines peuvent avoir des mots dont la portée peut faire mal, très mal…

Des mesures pour accompagner notre préadolescent

Chaque enfant a sa propre sensibilité face au changement. Pour certains, l’entrée en sixième ne change pas grand chose parce qu’ils sont bien entourés. Mais pour un préado comme le nôtre, c’est difficile de se retrouver finalement isolé 3 jours par semaine pendant 3 ou 4 heures. Il a perdu tous ses repères et doit en construire de nouveaux. Des solides sur lesquels construire son avenir.

Alors concrètement, on fait quoi pour aider notre enfant maintenant ?

Mon fils a 11 ans, je ne rentre plus dans le cadre du congé parental.

Son état de santé ne nécessite pas ma présence à ses côté de manière quotidienne. Je ne peux pas être aidante familiale.

Alors, pour l’instant, je pose des jours de congés, des RTT pour l’accompagner à ses rendez-vous. J’ai pris une journée de congé pour être avec lui et profiter de ces moments mère-fils qu’il réclame.

J’aimerai bien pouvoir prendre un ou deux mois pour l’aider dans ce moment mais je ne le peux pas. Mes congés et RTT ne sont pas inépuisables. Et puis, il aurait peut-être besoin de plus mais ça, je ne le sais pas à l’avance.

Tout ce que je sais, c’est que de se retrouver seul, sans cadre, sans limite, ça l’a beaucoup perturbé. Il n’a que 11 ans et finalement, c’est un peu jeune pour tout gérer, aussi mature soit-il.

Alors, à défaut de pouvoir être à ses côtés tous les après-midi, nous allons mettre en place des mesures pour l’aider.

Il est en vacances alors je le sens un peu plus détendu. Il a moins de pression au collège avec les autres enfants. Les activités culturelles et sportives sont suspendues ce qui lui laisse du temps pour réviser.

Mais dès la reprise, nous avons convenu avec lui de mettre en place quelques petites mesures :

  • la ville propose de l’aide aux devoirs pour les 11-17 ans tous les soirs. Les jours où il termine tôt, il rentrera à la maison, prendra un goûter, s’amusera un peu. Puis il se rendra pendant une heure à l’aide aux devoirs histoire d’être encadré et de travailler,
  • limiter les activités : il est curieux de tout et a envie d’essayer de nouvelles choses telles que l’arbitrage du judo et du hand, les premiers secours… Il a pris conscience qu’il ne pourrait pas tout faire alors il va se concentrer sur les activités déjà en place,
  • passer du temps “de qualité” tous les jours ensemble : en profiter pour parler de tout, de rien, de nos journées, de nos petits bonheurs du jour,
  • le valoriser davantage : éviter de lui reprocher les devoirs non faits, son manque d’organisation, etc… mais mettre en valeur ce qu’il a fait de bien,
  • réinstaurer la boîte à expression comme outil de dialogue de manière à pouvoir parler de tout, tout de suite,
  • conserver le cadre de la maison : être plus attentionné ne signifie pas être plus laxiste sur les règles de la maison. Au contraire, il a besoin d’un cadre bien défini.

Nous verrons comment tout cela lui permet de reprendre confiance en lui et en l’avenir.

On en reparle dans quelques semaines. Si votre enfant est passé par ce genre de crise identitaire, existentielle, n’hésitez pas à me dire ce que vous avez mis en place de votre côté.

Comments

  1. Répondre

    • Répondre

  2. By Afaurore

    Répondre

    • Répondre

  3. Répondre

    • Répondre

  4. Répondre

    • Répondre

  5. Répondre

    • Répondre

  6. By Anouk

    Répondre

    • Répondre

  7. By Mel

    Répondre

    • Répondre

  8. By Mosalo

    Répondre

    • Répondre

  9. Répondre

    • Répondre

Cet article vous donne envie de réagir, laissez un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :