Ces nuits qui ressemblent à des épreuves de Koh Lanta

Vendredi soir, premier épisode de la nouvelle saison de Koh Lanta. Après 2 nuits privé-e-s de sommeil, les candidat-e-s commencent à ressentir les effets de la fatigue sur leur moral, sur leur motivation à se retrouver dans ce milieu hostile et commencent à se demander “Mais qu’est-ce que je suis venu-e faire dans cette galère ???“.

Ce matin, au lever – j’aurai préféré parler de “réveil” mais non… – je me sens comme après une nuit sur une île déserte : j’ai mal au dos, j’ai l’impression de m’être battue toute la nuit pour avoir un peu de place, je me suis pris des coups, j’ai cherché le sommeil qui n’est jamais venu ou trop peu… La raison de cette insomnie est un petit homme de 5 ans 1/2 tellement effrayé par son cauchemar qu’il n’osait pas retourner dans les bras de Morphée. Bienvenu-e-s dans mon Koh Lanta !

Koh Lanta

Des épreuves dignes de Koh Lanta !

Première épreuve :  Le lever.
Premier réveil en pleurs à 3 h 45 et là commence le tirage au sort, la négociation où on peut faire preuve de mauvaise foi : ” Plouf, plouf, ça sera toi qui ira le voir… mais comme la Reine et le Roi ne le veulent pas ça ne sera pas toi… au bout de trois… un, deux, trois… Comment ça tu bosses tout à l’heure ??? Ah oui, mince, tu donnes des cours même un dimanche !!! “. J’ai perdu au tirage au sort…

Deuxième épreuve : Parler à Ti’Loulou SANS REVEILLER son frère

C’est donc sur la pointe des pieds (en priant le dieu du jeu de briques qu’il n’en reste pas une au sol) et à voix basse que je tente de rassurer l’enfant tellement affolé qu’il ne veut pas se rendormir. Je lui raconte des choses agréables, lui caresse la tête et je repars tout doucement pensant qu’il a capitulé…
Récompense : le confort de retrouver son lit douillet et encore tout chaud, hummm

Mais là, le fourbe n’a même pas attendu le 1/4 heure nécessaire à mon endormissement, il arrive dans la chambre en tremblant “J’ai peuuuuur !!!!”.

Allez hop, je me lève, prend le Ti’Loulou dans les bras, lui explique que non, il ne dormira pas avec nous, qu’il va aller dans son lit et c’est reparti pour une séquence où je parle doucement en lui disant de penser à des choses agréables et je vais même jusqu’à reprendre la comptine vue dans Grey’s Anatomy (admirez mes références éducatives) : “Mauvais rêves, mauvais rêves, partez… Jolis rêves, jolis rêves, restez !!!” en envoyant les mauvais rêves en direction de l’attrape-rêves accroché au dessus de son lit…

Après un temps indéfini, je retourne me coucher… Et là, je l’entend arriver en reniflant, serrant son doudou très fort contre lui… Ce cauchemar a dû être vraiment effrayant pour qu’il ait si peur de rester seul et de se rendormir.

Et là, oui, je suis faible, je lui laisse une place dans le lit. Je lui parle doucement, je lui caresse les cheveux, l’embrasse et lorsque je sens que sa respiration se fait plus lente et profonde, vient une nouvelle épreuve : remettre l’enfant dans son lit sans LE réveiller

Il faut donc faire preuve d’une infinie souplesse et d’un pouvoir de contorsion hors du commun pour réussir à s’extraire de la couette et du lit sans faire bouger l’enfant (pouvoir dont je ne dispose pas), le prendre tout doucement dans les bras, franchir des obstacles tels que la porte et le mur, éviter le jouet laissé au sol dans la chambre, poser délicatement Ti’Loulou dans son lit, remettre la couette sur son petit corps endormi, sortir sur la pointe des pieds… Ne pas crier victoire mais vite profiter du temps de sommeil restant.

Et c’est au moment où ENFIN Morphée vous tend les bras, qu’elle vous laisse miroiter de doux rêves que vous sentez la couette se soulever et un petit corps chaud se coller contre vous avec un “S’il te plaiiiiiit Mamaaaaan, j’ai trop peur, je peux dormir avec toiiiii ???”.

Echec et mat.

Il est 5 h 30, et à cette heure-ci, je n’ai plus ni la force ni l’envie de recommencer alors oui, je cède et le laisse dormir là. Et pendant que sa nuit semble bercée de doux rêves, sa respiration s’accélère par moment et il émet quelques gémissements ce qui me vaut un coup de genou dans le dos, un coude dans la tête, un uppercut, un coup de pied et j’en passe…

Ne parvenant donc pas à dormir, je pense au titre du roman de Marlène Schiappa “Pas plus de 4 heures de sommeil” et à toutes ces nuits entrecoupées, tous ces moments sans sommeil…

Et oui, être parent, c’est réussir à enchaîner une nuit où le temps de sommeil est trop court et les “épreuves de la journée” sans baisser les bras, et de renouveler cet exploit chaque jour ou presque !!! 

Cela commence à la naissance avec des réveils toutes les 3 heures (au mieux) pour combler les besoins physiologiques de notre nouveau né : manger, roter, être changé… Le premier ou la première qui me dit que le congé maternité en France est trop long, je lui fais enchaîner 3 mois de nuits à ce rythme là et je lui demande de relever le challenge d’aller bosser toute une journée dans cet état de fatigue (et accessoirement, assumer les 80 % de tâches domestiques qui incombent encore bien souvent aux femmes…)…

Puis, il y a toutes ces nuits passées à changer les draps inondés de pipis, à surveiller la température, à nettoyer du vomi, à guetter la dent qui pousse, à traquer le virus, à dégainer son Doliprane ou son Advil, à appeler le médecin en pleine nuit, à filer aux urgences et y passer des heures dans l’attente du diagnostic, à dorloter après une opération, à consoler des mauvais rêves

Dans quelques années, je passerai également des nuits blanches à attendre leur retour de sortie avec les ami-e-s, je tremblerai lorsque j’entendrai une sirène de pompier ou de police, j’aurai le ventre noué à l’approche de leurs examens, je pleurerai avec eux lorsqu’ils vivront leurs premiers chagrins d’amour, je répondrai à leurs appels nocturne parce qu’ils auront un petit coup de nostalgie et qu’ils auront envie de nous entendre alors qu’ils seront loin de nous, je surveillerai mon téléphone en attendant qu’ils m’appellent pour m’annoncer qu’ils sont devenus parents

Il y aura d’autres nuits sans sommeil, d’autres nuits passées à leurs côtés, d’autres moments où je me demanderai ce que je suis venue faire dans cette galère.

Mais, même si les journées sont difficiles après des nuits comme celles-là, que la vigilance est diminuée, que les capacités d’apprentissage et d’attention sont moindres, que la performance risque de ne pas être au rendez-vous, viendra le temps où je pourrai me reposer et je me souviendrai alors, peut-être avec un brin de nostalgie, de toutes ces nuits passées à leur côté, de tous ces câlins, de tous ces bisous, de tous ces mots doux…

 

Signature Egalimère


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