Et voilà, une autre des « dinoblogueuses » vient de fermer son blog pour se consacrer aux publications sur les réseaux sociaux. Comme le dit Mary, le monde du web change. Les personnes prennent de moins en moins le temps de lire des blogs et préfèrent les formats vidéos sans doute plus faciles d’accès. L’IA est partout maintenant et rares sont les publications « à l’ancienne », quand les auteurs et autrices s’exprimaient avec leur vocabulaire, leurs tournures de phrases, leur âme. Et puis, il faut le dire, un blog, ça coûte cher en temps et en argent alors, quand l’audience fait défaut, il y a de quoi se poser la question.
La lente disparition des dinoblogueuses
Je vais sans doute passer pour une vieille aigrie mais je suis nostalgique de cette époque des blogs. En tous cas, de ceux que je suivais et qui avaient chacun leur particularité, leur ligne éditoriale, leur manière d’aborder des sujets parfois difficiles.
Quand je suis entrée dans le monde de la parentalité, ces blogs m’ont accompagnée pour :
- choisir le matériel adapté aux enfants et notamment avec « Les mamans testent«
- m’aider à déculpabiliser d’être une maman qui travaille avec « Maman Travaille »
- rire avec les « blogueuses mode de chiotte », des mamans qui avaient dépassé les frontières du net pour se rencontrer dans la vraie vie et constituer une joyeuse bande : Maman Bavarde, Amélie Epicétout, Mamourblogue, Allo Maman Dodo, Harmony Bobo, Flying Mama… (je partage l’article de Mamour Blogue qui explique tout ça ICI) mais aussi Femme Sweet Femme dont l’autrice est devenue trèèèès connue 🙂 et Des Lego dans mes Louboutin
- parler de conciliation des temps avec Maman Prout, La mère Instit, Môman Imparfaite, Melle Farfalle, Syndrome du Neurone Unique…
- aborder des sujets plus ou moins faciles avec Two Girls One Mag, La Mama Seule Two, Zozo Mum et sa tribu, Loumatmaé… mais tant d’autres encore !!!
La plupart de ces blogs sont maintenant fermés ou très peu actualisés. Certains noms ont été repris par d’autres rédactrices et les contenus, même s’ils sont liés à la parentalité, ne sont pas ceux que j’ai pu lire « à l’époque ».
Pourquoi conserver un blog ?
Je vous avoue que la question de fermer ce blog s’est posée à plusieurs reprises mais je n’arrive pas à me séparer d’Egalimère. J’ai failli le faire en décembre lorsque j’ai vu que le coût de l’abonnement chez mon hébergeur avait encore augmenté. Mais au moment de résilier mon contrat, j’ai reçu une offre me permettant de continuer de la protection d’un hébergement à un coût inférieur. Bien joué de leur part, j’ai donc décidé de jouer les prolongations même si je ne viens pas souvent par ici.
Mais ici, c’est mon espace à moi. Un endroit où mon double féministe peut s’exprimer sur des sujets en lien avec mon activité professionnelle, mes engagements associatifs, mes intérêts.
Je peux partager certaines de mes connaissances, des sources, des ressources, des informations en lien avec les droits des femmes, les violences, l’emploi et la création d’entreprise.
C’est aussi un lieu dans lequel je reste vraie, sincère, sur ce que je dis, ce que je ressens, ce que je vis en tant que femme, en tant que mère, sœur, épouse, amie, en tant que salariée, en tant que quinquagénaire ménopausée…
Egalimère fait de la résistance !
Alors oui, qui lit encore des blogs ? Une petite poignée d’irréductibles qui aiment les contenus non générés par l’IA et sont à la recherche d’un peu d’authenticité ?
Quand je vois tous ces blogs qui disparaissent alors que cela représente des heures de travail, de recherche, de rédaction, de référencement… je n’ai pas envie que le mien suive le même chemin. Je n’ai pas envie de laisser gagner l’IA, les vidéos, les formats courts qui ne permettent pas de s’exprimer en profondeur sur un sujet, les algorithmes qui nous enferment et nous privent de cet ouverture d’esprit que permettent les blogs.
Je ne sais pas à quelle fréquence, ni sur quels sujets mais je prends déjà tellement de plaisir à rédiger ces quelques lignes que je sens que je vais revenir bien plus vite que les fois précédentes.

