Dysmorphophobie, les origines du mal

Vous avez été quelques unes à me demander de vous faire un retour sur ma séance de coaching sportif. Je vais en parler dans un article. Mais avant, il me semble important de revenir sur les origines de ce mal qui me bouffe encore la vie : la dysmorphophobie.

Ta mère en short - Egalimère - Dysmorphophobie

La dysmorphophobie qu’est ce que c’est ?

Il s’agit d’un trouble chez une personne qui est persuadée d’avoir un défaut physique (ou plusieurs) alors que ce dernier est inexistant ou minime. Ce trouble peut être si important qu’il devient le centre de sa vie, au détriment de tout le reste.

Je crois que j’ai découvert que j’étais dysmorphophobique il y a très peu de temps. Avant, je pensais que j’avais un complexe à propos de mon “gros cul“. Mais l’impact que cela a sur moi, sur ma vie de couple et notre intimité, sur mes enfants, sur mon rapport aux autres va bien au delà d’un complexe.

J’ai déjà entrepris un travail sur moi, j’ai consulté des thérapeutes mais j’ai encore du boulot pour m’en sortir. Déjà, je dois apprendre à accepter mon derrière rebondi et prendre de la distance avec lui. Ne plus me focaliser sur mon physique comme étant ce qui me définit. Non, je ne suis pas des morceaux de corps mais une femme, une mère, une amie, une professionnelle, une blogueuse…

Ce n’est pas à mon postérieur de diriger ma vie mais bien à moi d’en reprendre le contrôle. Nanmého !

Mais d’où ça vient cette dysmorphophobie ?

Je n’ai pas eu besoin de ces thérapeutes pour savoir d’où ça vient : d’un homme ! En revanche, la thérapie m’a permis de comprendre que j’ai vécu sous l’emprise d’un pervers manipulateur pendant plus de 10 ans. Oui, 10 longues années à ne me rendre compte de rien, ou presque.

Pendant ce temps, j’ai vécu sous l’influence de cet homme qui exerçait sur moi un contrôle permanent de mon apparence physique. Mon poids, mes vêtements, mes chaussures, ma coiffure, mon maquillage, tout était décidé par lui.

[RAPPEL] Avant de me dire que j’aurai pu refuser, que j’aurai pu partir, que je n’aurai pas dû accepter… allez faire un tour sur le site de Mémoire Traumatique et Victimologie et renseignez-vous sur les violences psychologiques et l’emprise.

J’en ai déjà parlé dans d’autres billets, mais le fonctionnement du pervers manipulateur est simple. Vous faites ce qu’il veut, comme il veut et vous vivez une lune de miel permanente. Vous êtes aimée, choyée et la vie se déroule sans la moindre dispute. Mais si vous vous écartez de ce qu’il a décidé pour vous, vous basculez dans un monde où vous ne valez plus rien. Vous êtes ignorée, dénigrée, cible de remarques insultantes et de regards plein de dégoûts…

Comment le mal s’est ancré en moi ?

Pour résumer, j’avais 17 ans 1/2 lorsque je l’ai rencontré. Je pratiquais encore le handball de manière régulière et je pesais 51 kilos pour 1 m 63. Dès le début, il attachait une grande importance à MON apparence physique. Petit à petit, il a tout fait pour que je ressemble à SON idéal féminin.

Idéal féminin - barbie Sexy - Dysmorphophobie

Source Pinterest

Après quelques mois à nous fréquenter, j’ai pris quelques kilos. Nous étions étudiants, j’avais arrêté le sport et nous sortions beaucoup avec nos ami.e.s. La malbouffe, les soirées alcoolisées, l’arrêt du sport et voilà quelques kilos en plus.

Hélas pour moi, c’était le début de l’engrenage infernal.

Voilà comment les choses ont commencé sans que je ne vois le problème arriver. Nous continuions notre vie entre les cours, les sorties, notre petite vie de couple. Mais je le trouvais distant. Il ne me regardait plus, refusait le contact physique et sa manière de me parler était froide. J’avais droit à quelques réflexions sur ce que je mangeais mais j’étais encore loin de comprendre. Et puis un jour, il a fini par pousser un énorme soupir :

– “Viens voir par là. Approche-toi du miroir. Vas-y, retourne-toi. Tu vois là ?

– Qu’est-ce qu’il y a ?

– Tu ne trouves pas que tu as grossi ?

– Je n’ai pas fait attention…

– Eh ben voilà, c’est ça le problème, tu ne fais pas attention ! Si ce n’est pas moi qui te le dis, tu ne fais pas attention. Et si tu continues comme ça, qu’est-ce que tu vas devenir ? Ça ne te dérange pas toute cette cellulite sur tes fesses ? Déjà que tu es taillée comme une bouteille de Perrier, tu devrais faire attention. Mais c’est pour ton bien que je te dis ça, parce que je t’aime. Tu ne devrais pas te laisser aller comme ça tu sais. Quand je vois Gwendoline à côté de toi, elle est toute fine, elle est canon. Tu as de la chance qu’elle soit avec un mec parce que je pourrais très bien me mettre avec elle tu vois. Alors qu’est-ce que tu comptes faire maintenant ? Qu’est ce que tu attends ? Que j’aille voir ailleurs ou te reprendre en main ?

J’ai eu peur qu’il me quitte. Alors je suis entrée dans son jeu sans me douter un seul instant de l’impact que cela aurait des années plus tard.

Je grossis, il me fait la gueule, m’ignore, me regarde avec dégoût.

Alors je perds du poids et je deviens à nouveau objet de désir, choyée, aimée.

Je grossis, hop, réprimandes, dénigrement, ignorance. Régime, perte de poids et hop, je suis “belle”, il m’aime, il est gentil et attentionné avec moi.

J’ai dû faire tous les régimes de la terre pour essayer de me maintenir à un poids avec “indice de désirabilité élevé“. Et surtout, éviter ses regards qui me faisaient si mal, qu’il ne m’adresse plus la parole ou seulement pour entendre ces réflexions qui me détruisaient un peu plus à chaque fois :

  • J’avais très envie de te faire l’amour mais là, quand je t’ai vue nue, avec tes fesses pleines de cellulite, ça m’a tout coupé !
  • C’est toujours pareil ! Tu prends du cul et si je ne te dis rien, tu ne fais rien pour ta cellulite ?
  • Ah mais non, ne me touche pas, tu me dégoûtes là. Je ne te reconnais pas avec tes kilos en trop !
Tristesse

Illustration Mademoiselle Maman

Mais pourquoi ça ne s’arrête pas alors ????

Cette histoire s’est terminée il y a près de 15 ans. Depuis, j’ai rencontré celui qui partage ma vie maintenant mais qui essuie encore les plâtres de celle passée.

De par son métier, il a un rapport bienveillant avec le corps des autres, et avec le mien encore plus. Alors on pourrait croire que tout ça est fini, loin derrière moi puisque, sur le papier, tout est beau !

Hélas non… Il suffit parfois d’un regard dans le miroir, d’un vêtement un peu juste, d’une sensation de gonflement pour que je bascule du côté “obscur”. Dans ces moments, quand il me voit me torturer l’esprit avec mes fesses, il ne comprend pas.

Il a tout essayé pour m’aider en me mettant en garde lorsqu’il me voyait prendre des chemins dangereux. Oui, vous savez, ces trucs absurdes que je continue à faire : le régime Dukan, le sport à outrance sans respecter des phases de récupération, des compléments alimentaires sensés dégommer la cellulite…

Mais il a raison sur un point : quand ça vient de lui, je ne l’écoute pas. Je sais pourtant que sa parole est sensée et juste mais j’ai tendance à la remettre en question. Parce qu’elle ne va pas dans le sens de mes certitudes. Parce que ma dysmorphophobie est encore plus forte.

Trop tôt pour crier victoire ?

Si la “bonne parole” ne peut pas venir de lui, il fallait donc qu’elle vienne de quelqu’un d’autre. Je n’ai pas envie de replonger dans une thérapie et d’aller remuer une nouvelle fois la merde mon passé. Il me fallait donc une autre méthode, une autre manière d’aborder le problème.

Cette séance avec la coache sportive hier m’a fait un bien fou. J’ai réalisé à quel point cette dysmorphophobie m’empêche d’être moi-même. Je m’interdis tout un tas de choses parce que je fais un putain de blocage sur mon gros cul ! Par exemple, je ne porte plus de robe, je choisis des vêtements amples, je ne me regarde pas lorsque je suis déshabillée dans les miroirs…

Bref, je m’empêche de vivre pleinement ma vie, de la croquer à pleine dent, de profiter du moment présent.

Depuis hier soir, je me sens reboostée. J’ai vraiment envie d’aller de l’avant et de mettre un terme à ces années de maltraitance de mon corps. Il est temps d’apprendre à m’accepter et cette fois, je vais m’en donner les moyens parce que ma famille le vaut bien. Parce que moi aussi, je le vaux bien !

Poids - capiton - Bonne humeur

Illustration Crayon d’Humeur – Mathou

 

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  3. By parisienneavincennes

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  5. By Amélie

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