Accès à l’emploi des femmes victimes de violences

Mardi 24 mai 2016 avaient lieu dans l’hémicycle du Conseil Régional d’Ile de France les 9èmes rencontres de l’Observatoire Régional des Violences Faites aux Femmes sur le thème de l’accès à l’emploi des femmes victimes de violences.

Accès à l'emploi des femmes victimes de violences

Crédit Photo Centre Hubertine Auclert via Twitter

En introduction, il a été rappelé qu’en France, une femme sur dix se déclare victime de violences conjugales : physiques, sexuelles, verbales, psychologiques. On estime que 223 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes chaque année de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon.

Mais les femmes sont également victimes de violences dans un autre cadre que le domicile familial : 84 000 sont victimes de viols ou tentatives de viol en moyenne en France chaque année et dans 90 % des cas, la victime connaît son agresseur. Faut-il aussi rappeler que 100 % des utilisatrices des transports en commun ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexistes ou agressions sexuelles (Chiffres Haut Conseil à l’Egalité Femmes Hommes 2015) ?

Mais pourquoi est-ce difficile pour les femmes victimes de violences de se sortir de cette situation ?

L’intervenante a rappelé combien il est difficile pour une femme sous emprise de se sortir des griffes du conjoint violent. Les mécanismes utilisés par l’agresseur pour maintenir la victime sous emprise sont bien connus maintenant :

– l’inversion de la culpabilité : c’est de la faute de la victime s’il en est arrivé là, elle l’a poussé à bout, il n’y est pour rien et se fait passer pour la victime,

– le contrôle, la possession, la surveillance : on parle là de la vérification du téléphone portable, du suivi de la victime dans ses déplacements, du contrôle financier…

l’isolement vis à vis de la famille, des amis, du monde professionnel…

– le dénigrement qui, à force d’être répété, entraîne le sentiment de dévalorisation, de manque de confiance en soi…

l’ambiguïté : l’agresseur laisse croire à la victime qu’elle est libre de faire ce qu’elle veut et de voir qui elle veut mais lui demande en même temps de ne pas s’habiller de telle ou telle manière, de rester auprès de lui pour lui prouver son amour…

Il est donc très difficile pour une personne sous emprise, victime de violences (quelque soit la forme de violence) de se sortir de cette situation.

Un des moyen de reprendre confiance en soi est de retrouver une activité professionnelle. Non seulement l’activité professionnelle permet d’acquérir une autonomie financière mais elle est source de revalorisation de soi et de ses compétences, de lien social, de sentiment d’utilité.

Toutefois, chercher ou se maintenir en emploi lorsqu’une femme est victime de violences au sein du couple s’avère très difficile.

C’est pourquoi le Centre Hubertine Auclert s’est penché sur la question et a élaboré, à l’aide d’expert-e-s dans le domaine de l’emploi, un guide intitulé

Améliorer l’accès à l’emploi des femmes victimes de violences

Accès à l'emploi des femmes victimes de violences

Les femmes rencontrent déjà de nombreux freins dans leur démarche de recherche d’emploi ou dans leur carrière professionnelle. Les violences ne sont pas prises en compte comme étant un frein spécifique et ce guide a pour objectif de faire bouger les mentalités et avancer les choses. Il se compose de deux parties :

  • Comprendre les violences faites aux femmes et leurs impacts sur l’insertion professionnelle et l’emploi des femmes victimes,
  • Agir pour améliorer l’accès à l’emploi des femmes victimes de violences.

Les violences sont un frein à prendre en considération dans un parcours d’insertion professionnelle ou de maintien à l’emploi.

Accéder à un emploi, c’est permettre à une femme victime de violence de trouver ou retrouver une autonomie. Etre accompagnée dans ses démarches est parfois difficile quand le conjoint empêche la victime de sortir du domicile, la suit, la met en retard à ses rendez-vous ou se présente avec elle au rendez-vous.

Une femme victime ou ayant subi des violences manque de confiance en elle et pense ne rien valoir, n’avoir aucune compétences. Il est donc difficile d’avancer dans sa recherche d’emploi tant que ces freins psychologiques ne sont pas levés.

Tout le travail d’accompagnement vers l’emploi va donc consister à aider la femme à reprendre confiance en elle par différents moyens (ateliers de remobilisation, socio-esthéticienne, théâtre…), lui faire prendre conscience de ses connaissances et compétences… En parallèle, un travail sur le projet professionnel lui permettra d’envisager les différentes possibilités de retour à l’emploi.

Mais les acteurs et actrices de l’emploi ne sont pas des professionnels de l’accompagnement des femmes victimes de violences. C’est un sujet qui n’ose pas être abordé en entretien car de nombreux acteurs de l’emploi ne sont pas formés à la détection des situations de violence. Comment faire alors ?

Aider à détecter les situations de violence, orienter vers les associations.

La seconde partie du guide donne des indications pour repérer les femmes victimes de violences et les orienter vers les structures spécialisées.

Elle s’appuie sur des exemples de bonne pratiques pour montrer que certains acteurs de l’emploi se sont déjà saisi de cette question et ont mis en oeuvre des dispositifs spécifiques d’insertion professionnelle.

Certaines entreprises se saisissent également de ce problème et développent des partenariats avec des associations. Ainsi, des actions de sensibilisation sont menées dans les entreprises, auprès des managers, des salariées…

Où se procurer le guide Améliorer l’accès à l’emploi des femmes victimes de violences : 

Il est gratuit et disponible soit en format papier à commander auprès du Centre Hubertine Auclert ( cliquez ICI), soit en téléchargement au format PDF (cliquez ICI).

 


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