Anonymat, réseaux sociaux : le double « je »

Lorsque j’ai ouvert ce blog voilà maintenant un peu plus de 2 ans, j’ai fait le choix de me cacher derrière un pseudo et de préserver mon anonymat. Non pas que je sois une personnalité très connue mais avant tout pour respecter une clause de réserve qui me lie à mon employeur. En effet, ce que je publie ici n’engage que moi. Je ne souhaite pas que les propos que je tiens « dans le privé » soient associés à mon activité professionnelle.

Oui, faut-il encore le rappeler, ce blog n’est pas mon travail. Il ne me rapporte aucune source de revenus même si j’y passe beaucoup de temps. Si tel était le cas, je ne pourrais pas me cacher derrière un pseudo sur les réseaux sociaux. J’aurais besoin de rencontrer des gens pour me faire connaître et développer mon activité. Je participerais à des événements en mettant des photos et des selfies sur Instagram et sur Facebook… Je distribuerais ma carte de visite en donnant mon numéro de téléphone. Je signerais mes articles de mon nom et je serais alors plus libres d’apparaître dans les différentes manifestations organisées autours des thèmes que j’aborde ici.

Mais ce n’est pas le cas et parfois, j’ai l’impression de souffrir d’un dédoublement de la personnalité.

anonymat - bulle - coucher de soleil

Crédit Photo : @Nana Cam Photo Non Pro

Anonymat, réseaux sociaux et vie de famille

Ne pas en dire trop sur moi, c’est aussi préserver ma famille. Comme le soulignait Nipette dans son article « L’intimité respectée de son enfant sur les réseaux sociaux« , je n’ai pas envie de nuire à mes enfants plus tard. Je n’ai pas envie qu’un jour, ils me reprochent d’avoir publié une photo où ils ne sont pas à leur avantage. Je n’ai pas envie que la violence des réseaux sociaux se retourne contre eux comme cela avait été le cas une fois (lire ICI) .

Ils connaissent l’existence d’Egalimère et parfois, ils m’accompagnent à certains événements. Lorsque je publie une photo, leurs visages sont toujours cachés et leurs prénoms jamais divulgués dans mes publications. Lorsque je partage sur Facebook un de leurs mot d’enfant, je leur en parle. Il m’est donc arrivé de vouloir partager un moment très drôle mais de ne pas le faire parce que mon fils de 9 ans n’en avait pas envie.

C’est un choix personnel de montrer ou non ses enfants tout comme c’est un choix de vouloir conserver son anonymat.

Anonymat et vie professionnelle

Comme indiqué plus haut, je ne souhaite pas mélanger ma vie professionnelle et l’activité liée à ce blog.  Je fais donc en sorte de bien différencier les deux.

Mais parfois, Egalimère me rattrape sans que je m’y attende. Comme cette fois où je me rendais à un colloque professionnel. Arrivée au niveau de l’accueil, la personne me demande mon nom. Comme j’avais assisté à un événement « blog » quelques jours avant, c’est le plus naturellement du monde que je réponds « Egalimère »… Elle a cherché sur sa liste, m’a demandé de répéter et c’est là que j’ai compris que je venais de faire un joli lapsus.

Je ne discute pas de mon blog avec mes collègues, c’est mon jardin secret, mon espace à moi. Un endroit où j’ai envie de laisser libre court à ma liberté d’expression. Je suis parfois tentée de leur en parler mais j’ai encore en tête la mauvaise expérience d’Amélie Epicétout. Elle aussi, par discrétion vis à vis de son métier, gardait son blog bien à l’abri du regard de ses collègues jusqu’au jour où cela s’est ébruité… Une mise au point a été nécessaire dans le cadre de son emploi mais rassurez-vous, tout est bien qui finit bien !

J’ai pensé également à E-Zabel qui bloguait de manière anonyme jusqu’à ce que son nom apparaisse dans un article. Elle a fait de cette erreur une force et avance à visage découvert maintenant.

Mais qui me dit que cela se passerait de la même manière pour moi ???

Les limites de l’anonymat

Jusqu’à présent, les choses étaient donc bien claires : je me cache derrière mon pseudo et cela me convient très bien comme ça. Mais dans certaines occasions, il m’a été demandé de révéler mon identité (quand je vous dis que j’ai l’impression de souffrir d’un trouble de la personnalité, un peu à la manière de Diana Prince, Peter Parker, Bruce Wayne et les autres !).

La première fois,  c’est lorsque j’ai envoyé une nouvelle que j’avais rédigée sur le thème des violences à une éditrice. Elle venait de parler d’un recueil de nouvelles et je pensais que la mienne pouvait l’intéresser. Ce fut le cas. Elle m’a donc proposé de joindre ma nouvelle à celles déjà adressées à son éditeur. Puis, elle m’a demandé mon nom, mon prénom et une courte biographie de présentation. J’ai hésité. Longtemps. J’en ai discuté avec mon mari. Longtemps. S’agissant d’un texte sur les violences faites aux femmes dont j’étais l’auteure, nous avons convenu qu’il était donc possible de divulguer qui j’étais mais de ne pas faire mention du blog. J’écrivais en mon nom, en tant que femme concernée par les violences, pas en qualité de blogueuse.

Une autre fois, j’ai été contactée via Egalimère pour intervenir lors d’une manifestation. Je ne pouvais pas y participer sous ma casquette blogueuse car la personne qui me contactait était une connaissance professionnelle et me proposait d’intervenir avec des partenaires communs. Alors hop, un coup de pirouette magique, et la demande est parvenue jusqu’à mon employeur se transformant en intervention professionnelle 🙂

Egalimère - avatar - anonymat

Mais là où j’ai compris les limites de cet anonymat, c’est ce jour où un site était intéressé par un de mes articles. Mon Ego a fait un bond de 10 mètres avant de s’aplatir au sol quelques secondes plus tard. L’article serait relayé sur le net à la seule condition de donner mon nom, mon prénom et une photo. J’ai répondu en expliquant que je souhaitais ne pas les mentionner et la réponse a été sans appel. Sans nom, sans photo, pas de publication de l’article sur leur site.

Renoncer à son anonymat ?

J’ai tourné et retourné la question dans tous les sens. Un site connu quand même !!!! Quand je lis des articles de mes copines blogueuses (La Carne, Dans ma Bulle…) sur ce dernier, je trouve que c’est une belle reconnaissance de leur travail. Je me dis qu’elles le méritent et que c’est super pour elles. Alors quand ça m’arrive, je suis joie.

Je pense aussi, je l’avoue, que ça peut apporter de la visibilité à mon blog. Que ça peut m’ouvrir des portes. Que je pourrais avoir moi aussi mon petit moment de fierté en voyant mon nom et mon article sur ce site.

 

J’hésite encore et cette question tourne en boucle dans ma tête depuis quelques jours…

Anonyme un jour, anonyme toujours ???

Commentaires

  1. Par Nana

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    • Par egalimere

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  3. Par londrespourlesenfants

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    • Par egalimere

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