Premier départ sans les parents

Pierre Perret chantait ” Les jolies colonies de vacances, merci Maman, merci Papa, tous les ans je voudrais que ça r’commence…” et c’est vrai que je garde de mes souvenirs d’enfant cette joie de partir avec les copains et les copines en vacances, encadré-e-s par des animateurs, partant à la découverte des campagnes, des montagnes, des plages de sable chaud (ou moins chaud selon les endroits…), le tout loin de l’autorité parentale.

Egalipère ayant également vécu ces séjours et en gardant de bons souvenirs, nous nous étions dit que ça serait bien d’en faire profiter nos enfants quand ils seraient en âge de partir à condition qu’ils en manifestent l’envie.

Loulou, 8 ans à présent, a toujours eu un caractère assez indépendant. Aussi, il a pu très tôt partir en week-end chez son grand-père paternel ou chez son oncle et sa douce épouse, ce qui l’habituait déjà un peu à passer du temps sans nous.

Il a passé une première semaine loin de nous à l’âge de 5 ans en partant avec son cousin du même âge en vacances avec leur grand-père paternel. Nous le savions entre de bonnes mains, il n’était pas inquiet, il connaissait bien tout le monde alors pas de préparatifs particuliers à part s’assurer que le Doudou était bien dans la valise et que nous pourrions le joindre en cas de besoin.

Lorsque Loulou a eu 6 ans, il a reçu le catalogue des séjours d’été de la mairie, glissé dans le cahier de correspondance et nous l’a tendu en nous demandant quand est-ce qu’il pourrait partir. Il l’avait déjà feuilleté et repéré des séjours qui lui faisaient très envie.

Et voilà, nous étions face à ce moment où nos cœurs de parents sont tiraillés : le laisser partir seul avec des personnes qu’il ne connaît pas – et nous non plus, dans un endroit qu’il ne connaît pas, avec des enfants qu’il ne connaît pas… ou le garder auprès de nous, en milieu connu…

Devant son insistance, nous nous sommes dit que cela serait dommage de le priver de cette opportunité. Nous avons consulté le catalogue ensemble et les séjours pour 6 ans étaient finalement assez limités au niveau des durées : entre 5 à 15 jours.

Pour un premier séjour, nous avons préféré prendre une courte durée et avons donc choisi l’option “5 jours en camping à la ferme”.

Comme il était impatient et excité de partir, je pense que les préparatifs ont été plus facile que pour un enfant anxieux qui n’aurait pas été autant demandeur. Toutefois, nous avons pris quelques précautions pour que cette séparation se passe en douceur et qu’il ait de quoi être rassuré pendant son séjour en cas de coup de blues.

Comment organiser ce premier départ sans les parents ? 

J’ai donc fait quelques recherches sur le net parce que nous étions “parents laissant partir les enfants niveau débutant” et que j’avais besoin de conseils, autant pour lui que pour nous. Nous avons également bénéficié des conseils avisés de la directrice de la colonie. Je ne vais pas vous faire une longue liste de tout ce qu’il est conseillé de faire pour laisser partir les enfants sereinement, mais vous parler de ceux que nous avons retenus et mis en place.

Assister à la réunion d’informations avec notre enfant :

Pendant cette réunion généralement organisée quelques semaines avant le départ, la directrice ou le directeur de la colonie présente le séjour et diffuse sur écran quelques images du centre : le logement, les chambres, le réfectoire, les activités proposées… Cela permet à l’enfant de se projeter dans les lieux, de voir ce qu’il pourra faire et de se projeter dans telle ou telle activité.
C’est également l’occasion de faire connaissance avec le ou la responsable de l’encadrement du séjour et quelques animateur-trice-s, ce qui confère un côté rassurant par la suite et de poser toutes les questions qui lui viennent à l’esprit (combien il y aura de chevaux, on sera combien dans les chambres, est-ce que les filles et les garçons dorment ensemble ???).

Préparer la valise avec lui :

Muni-e du trousseau conseillé (la liste de vêtements à préparer si vous en êtes encore au stade débutant), demander à l’enfant d’aller chercher les 6 T.shirt, les 6 paires de chaussettes, les 6 caleçons/culottes, les 2 serviettes de bains…
En même temps que la valise se prépare, parler des activités : “tiens, tu pourrais mettre ce t.shirt quand vous irez faire une ballade dans la forêt, voilà la serviette pour la piscine, quel pantalon voudras-tu mettre pour être à l’aise pendant les veillées… ?”

Envoyer une lettre quelques jours avant son départ :

Il recevra cette lettre le jour de son arrivée ou le lendemain et croyez-moi, il en sera bien content.
Attention au contenu de la lettre, on évite les “Tu vas nous manquer mon chéri, la maison va nous paraître bien vide sans toi, vivement que tu reviennes” mais garder à l’esprit qu’il va s’amuser et découvrir de nouvelles choses.

C’est dans combien de dodo le retour ? :

Les enfants n’ont pas vraiment la notion des jours de la semaine et pour leur permettre de savoir dans combien de temps ils vont rentrer à la maison, vous pouvez préparer des petits calendrier à cocher chaque jour ou, idée de directeur, mettre dans une enveloppe des dessins découpé représentant petit cœur, un papillon, une voiture… Prévoir autant de dessins que de dodos, l’enfant retire de l’enveloppe un dessin tous les matins. Quand l’enveloppe est vide, c’est le jour du retour !

 – Préparer une “carte à bisous” : 

C’est une idée que nous avons eues lorsque Loulou nous a dit qu’il n’aurait pas de bisous le soir avant de s’endormir”. Alors, nous avons eu l’idée de faire des bisous sur une carte qu’il peut glisser sous son oreiller, mettre dans son sac, garder avec lui et qu’il peut sortir quand il a envie d’un bisous.

Carte à bisous – @Egalimère

– Penser au Doudou et accessoires indispensables au sommeil :

Dormir sans Doudou quand on est enfant, ça peut virer au cauchemar pour les animateurs quand tous les enfants vont se mettre à pleurer parce que le vôtre aura lancé le mouvement. Alors, ne pas oublier tout ce qui peut rassurer votre enfant le soir et lui permettre de trouver le sommeil : le doudou, une lampe de poche si besoin, une petite bouteille d’eau pour lui éviter de se relever la nuit (nous avons un modèle de gourde à paille rétractable anti-fuite, idéal pour le lit)…

– Reprendre le programme des activités de temps en temps :

Cela lui permet d’entretenir la projection des activités qu’il va faire sur place et lui donner envie d’y être, surtout s’il a manifesté du désir pour la piscine, la plage, le poney, le vélo…
C’est le moment également de parler de vos souvenirs de colonie en parlant de bons souvenirs, on oublie les mauvais qui risqueraient plus de le stresser surtout !

– Éviter les au revoir à rallonge et larmoyants :

Si vous sentez que vous ne pourrez pas retenir vos larmes, il vaut mieux ne pas accompagner l’enfant le jour du départ. Il vaut mieux un bisous vite fait sur le pas de la porte que de le laisser vous voir fondre en larmes alors qu’il monte dans le bus…
Si vous l’accompagnez, un gros bisou, un gros câlin et laissez-le monter dans le bus ou le train en lui souriant. Il sera rassuré de vous voir souriant-e et encouragé dans sa quête d’autonomie.

– Mal des transports :

Si comme nous, vous avez TOUT testé contre le mal des transports de vos enfants (homéopathie, sirop, bracelet avec points d’acupuncture, huiles essentielles…), que vous craignez qu’il vomisse partout dans le bus, je vous partage cette découverte – absolument pas sponsorisée !!! – de sacs pour vomir pratique et sans fuite pour les transports avec une ouverture facile et rapide (ouf !). Je les avais trouvé en pharmacie.

Si les enfants partent en voiture, je vous conseille l’utilisation d’un petit seau dans lequel vous mettrez un sac en plastique (je rajoute maintenant une goutte d’huile essentielle de menthe poivrée). Cela évite d’avoir à l’enfant à ouvrir un sac en cas d’urgence et d’en mettre à côté.

– On oublie le téléphone pendant le séjour :

A moins d’un problème, inutile d’appeler votre enfant pendant son séjour, surtout s’il est de courte durée. D’une part, vous allez le couper dans ses activités et il peut vous répondre en râlant, d’autre part, lorsqu’il aura raccroché, il pensera à vous et c’est là que le manque peut intervenir… Vous lui envoyez déjà des cartes (pas tous les jours non plus, pensez aux autres enfants qui eux ne recevront pas de courrier…) et c’est bien suffisant.

– Profitez de son absence : 

La vie de famille ou de parent prend une tournure différente lorsqu’un enfant est parti en séjour de vacances. Vous ne l’oubliez pas, vous pensez bien à lui mais c’est peut-être le moment d’en profiter pour faire des choses que vous n’avez pas le temps de faire en temps normal : un restaurant, une soirée cinéma, un coiffeur, un bowling…

Laisser partir son enfant n’est jamais facile, nous aurons toujours ce petit pincement au cœur au moment de la séparation mais pendant ce séjour, il va gagner en autonomie, en affirmation de soi, et sera bien fier de vous monter au retour combien il a profité de son séjour pour se faire des ami-e-s et découvrir de nouvelles activités.

Vous aussi vous avez en tête la chanson de Pierre Perret, allez, c’est cadeau, c’est par ICI  !

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