Oser demander de l’aide sans culpabiliser

Je vais vous parler de ma grande “copine”, Madame la Culpabilité. Vous savez, celle qui surgit quand on ne s’y attend pas, qui vous prend en traître et vous enfonce un pieu dans le cœur, vous martèle la tête à grand renfort d’injonction à être parfaite…

Pourquoi nous fait-elle si mal ?

Parce que, depuis notre plus tendre enfance, la société attend de nous que nous devenions des “êtres parfaits”.

Et les choses empirent lorsqu’on devient parent ! Dès l’annonce de la grossesse, nous sommes bombardées de “bons conseils” sur notre alimentation, notre prise de poids, notre sommeil…

Lorsque l’enfant né, chacun-e y va de son petit commentaire sur l’allaitement, la tétine, le choix du mode de garde, la reprise d’une activité professionnelle, le choix de prendre un congé parental…

La liste est longue et les occasions offertes à Madame la Culpabilité de nous taper sur la tête sont nombreuses.

Mais récemment, j’ai découvert une autre forme de culpabilité : oser demander de l’aide à quelqu’un pour s’occuper de sa maison/ses enfants/sa voiture/son ordinateur/ses courses… liste non exhaustive vous l’aurez compris.

Je vous explique : je discutais la semaine dernière avec une copine et nous abordions, devinez quoi, l’articulation des temps, bravo !

Elle me racontait qu’il était difficile pour elle, après une journée de travail, d’enchaîner sur la fameuse “deuxième journée des mères” à s’occuper des enfants, du repas, du ménage, etc… et de ne pas avoir de temps pour elle.

Là, toute rougissante, elle me dit “J’ai un truc à t’avouer…

Mon imagination fertile s’attendait donc à quelques confidences qui auraient pu inspirer un épisode des “Feux de l’Amour”, des “Mystère de l’Amour” (mais pas celui ou José se tape son meilleur pote, au secours !!!), “Santa Barbara”, etc… Bref, j’étais toute ouïe, prête à entendre les confidences les plus intimes et inavouables de ma copine.

Elle se lance : “Depuis quelques semaines (le suspens est à son comble…) j’ai pris (OMG c’est bien ce que je pensais !!!!) un homme de ménage !”

Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire et de la rassurer “Oh, tu sais, c’est pas grave, ça arrive à plein de gens !!!”

Donc, voilà, elle avait honte de m’avouer qu’elle avait recours à une personne extérieure à son foyer pour s’occuper de leurs tâches ménagères.

Pourquoi culpabiliser de demander de l’aide ?

Mais non, n’aies pas honte, si seulement tu avais une idée du nombre de personnes qui ont recours au CESU* pour l’entretien de leur maison, pour aller chercher les enfants à la sortie de l’école et s’occuper d’eux en attendant le retour des parents, faire des petits travaux de bricolage/jardinage…

Et il ne faut pas oublier les mesures qui sont prises pour favoriser l’articulation des temps des salarié-e-s :  des employeurs financent les CESU (encore peu nombreux), le projet de loi qui prévoit d’utiliser le Compte Épargne Temps pour financer les mêmes CESU.

Allez, copine, on déculpabilise parce que, quand on le peut, un soutien pour l’entretien de la maison, la garde des enfants, les devoirs… ça permet souvent de faire baisser les tensions au sein d’un couple, de réfléchir à une nouvelle organisation et une meilleure répartition des tâches au sein du foyer, d’avoir des parents plus zen et parfois même de se libérer du temps. Alors pourquoi s’en priver au motif qu’on culpabilise ????

* je rappelle ici qu’employer une personne à domicile sans la déclarer c’est illégal d’une part et d’autre part, elle ne cotise pas pour sa retraite, même pour les 2 heures par semaine passées chez vous. Plus d’info sur le CESU : http://www.cesu.urssaf.fr/cesweb/ces1.jsp

Cet article vous donne envie de réagir, laissez un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :