Démissionner après 50 ans, pourquoi ?

Celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent : en fin d’année 2021, j’ai démissionné. Et oui, à 52 ans, j’ai fait cette folie de quitter une apparente sécurité de l’emploi : un CDI, 9 ans d’ancienneté, des avantages (tickets resto, primes de fin d’année, des jours de RTT, 7 semaines de congés…), des collègue en or… Pourquoi ? Comment ? Pour quoi faire ? Je vous dis tout – ou presque – dans une série d’articles (parce qu’il y a beaucoup à dire).

Pourquoi démissionner ?

Dans toute relation de travail, il y a au moins 2 points de vue : celui de l’employeur et celui de la personne salariée. Ici, vous n’aurez que le mien, celui d’une salariée du secteur associatif.

Je vais tenter d’être la plus objective possible même si, avec le recul, j’ai de plus en plus de mal à le rester. C’est toujours quand on part qu’on se rend compte de ce qu’on a supporté sans (trop) broncher. Ou qu’on se dit qu’on aurait dû faire ceci, demander cela, agir comme ceci… Ce ne sont pas les regrets qui vont faire changer les choses mais je pense que cela contribue à réduire mon objectivité.

En même temps, quand j’essaie de relativiser en discutant avec mes ancien.nes collègues, je me rends compte qu’il était grand temps que je parte.

Un engagement et des valeurs communes

Lorsque j’ai rejoint cette structure il y a près de 10 ans, c’est avant tout parce que je me retrouvais dans les valeurs qui étaient portées par cette dernière. Le poste proposé me permettait de mettre mes expériences passées au service d’un grand réseau et de travailler sur un projet hyper motivant.

Bien sûr, comme dans chaque organisation, les relations humaines sont fluctuantes et peuvent être source de conflits. Il y a eu quelques tensions au fil de ces années et j’avais à quelques reprises envisagé de trouver un autre poste ailleurs.

Mais, rapidement, je me rendais compte que j’aimais beaucoup ce que je faisais, que les projets sur lesquels je m’investissais me passionnaient. Je me sentais utile avec l’impression de pouvoir faire avancer des choses.

Changement de poste

Il y a 2 ans environ, mon ancienne responsable a quitté ses fonctions en me proposant de les reprendre. Sur le coup, je ne m’en sentais pas tout à fait capable. Elle a su trouver les mots pour me convaincre du contraire. J’ai discuté avec mon équipe de ce souhait d’évolution et toutes les personnes à qui j’en parlais m’ont soutenue.

Hélas, tout ne s’est pas passé comme prévu puisque le COVID a fait son entrée fracassante dans nos vies. Il a chamboulé notre quotidien et nous obligeant à nous confiner de longues semaines.

Cette période qui aurait dû être consacrée à un passage de relais sur le poste de responsable nous a surtout contraintes à nous adapter constamment aux événements. Apprendre à travailler à distance. Nous familiariser à de nouveaux outils. Répondre à des demandes urgentes de la part du réseau pour permettre à tout le monde de continuer à travailler.

Malgré tout ce que nous avions envisagé en termes de passation, les choses n’ont pas été aussi simple. Une fois mon ancienne responsable partie et prenant ses nouvelles fonctions, j’ai eu l’impression de me retrouver plongée dans le grand bain sans bouée de sauvetage.

Télétravail et continuité pédagogique

Prise de poste compliquée et charge de travail croissante

J’ai changé de poste mais la période n’était pas propice à lancer un recrutement pour me remplacer dans mes anciennes missions. C’est ainsi que j’ai commencé à cumuler les tâches de mon ancien poste et mes nouvelles responsabilités.

Je n’ai pas compté mes heures parce que je tenais vraiment à me montrer à la hauteur (vous savez, ce fameux syndrome d’imposture). J’ai donc passé des soirées et des week-end à travailler, apprendre, lire pour m’autoformer, suivre des vidéos en lignes (dont les formations dispensées en ligne gratuitement par #NousToutes).

Egalimère - une nouvelle page

Deux mois après, deux personnes de mon équipe ont quitté leurs fonctions. Là encore, difficile de lancer les recrutements dans un contexte encore en mi-teinte. J’ai donc récupéré une partie des missions en attendant l’arrivée des nouvelles recrues. A ce moment là, j’ai reçu un soutien exceptionnel de la part des membres de mon équipe qui ont vite compris que je commençais à sombrer sous la charge de travail et m’ont soulagée d’une partie de ces activités.

Du coup, en répartissant les missions, ce n’était plus seulement mon poste qui était impacté par un surcroît de travail mais bien celui de l’ensemble de mon équipe. J’ai commencé à alerter la direction mais aucune solution ne pouvait nous être apportée en attendant les recrutements.

Nouvelle équipe, nouvel engouement

Finalement, le 1er recrutement est arrivé relativement vite(3 mois) et une première personne est venue renforcer notre équipe. 3 mois plus tard, une autre personne arrivait pour le second poste. Et enfin, après 10 mois de double-poste, une personne arrivait pour reprendre mes anciennes missions.

L’arrivée de ces nouvelles personnes a été une vraie bouffée d’air pour l’ensemble de l’équipe une fois qu’elles ont pris en main leur poste et leurs missions. Une nouvelle dynamique s’est mise en place, je ressentais à nouveau cette émulation pour faire avancer les choses, des envies communes, des projets motivants. Le tout dans un contexte de changement de direction et de réorganisation qui n’allait pas sans poser de questions pour la plupart d’entre nous.

Je pensais naïvement que j’aurai plus de temps à consacrer (enfin) à mon poste et essayer de mettre en place une nouvelle organisation, un suivi plus régulier et plus proche pour chacune.

Burn out is coming…

Hélas, la charge de travail n’a pas diminué. Gérer une équipe pluridisciplinaire nécessite d’avoir la capacité à suivre les activités dans plusieurs domaines d’intervention, suivre les projets en cours et ceux à développer, rédiger des demandes de subvention et des bilans de ces actions, répondre aux sollicitations du réseau et des partenaires, assister à des réunions et des visioconférences, organiser, gérer, piloter…

J’avais beau alerter sur ma charge de travail, ce que j’entendais en retour ne m’apportait aucun soutien. Là où je parlais manque de temps, on me reprochait un manque d’organisation. Quand je parlais difficulté à organiser le travail en équipe, on accusait une faiblesse managériale. Lorsque je parlais de valoriser le travail de mon équipe, on me répondait que ce n’était pas le moment et on me reprochait ce côté trop « social ».

Mon travail était décousu, je ne terminais jamais ce que j’avais prévu de faire dans une journée tellement j’étais sollicitée de toutes parts avec des demandes plus urgentes les unes que les autres.

Non seulement je croulais sous le travail mais je m’éloignais de plus en plus de mes intérêts professionnels, de ce qui m’avait fait vibrer au début… J’avais l’impression de perdre le sens de mon travail et de mes engagements professionnels en étant dans la gestion, l’organisation, les subventions, les bilans…

Retour à la réalité

Pendant les vacances d’été, j’ai réussi à déconnecter du travail et cela m’a fait un bien fou ! Heureusement parce que ma journée de reprise a agit comme un électrochoc.

Cela commence par un ordinateur qui ne redémarre pas et qui me fait perdre un temps monstre et m’empêche de prendre connaissance des mails reçus pendant mon absence avant la réunion de reprise.

Puis, une personne de mon équipe qui rencontre également des soucis informatiques l’empêchant de travailler correctement vide sur moi toute sa colère. J’arrive dans une ambiance qui me semble tendue et commence à ressentir un mal-être ambiant.

J’enchaîne avec la réunion pendant laquelle je reçois des réflexions sournoises de la part d’une personne, une demande qui exige une réponse immédiate alors que je n’ai pas pu lire mes mails ni prendre connaissance du « dossier », des remarques harcelantes envers un de mes collègues.

Et puis là, tout à coup, j’ai eu l’impression que mon esprit se déconnectait de mon corps. Je prenais de la hauteur et j’entendais cette voix dans ma tête qui disait : « Mais qu’est-ce que je fous là ???« . Un peu comme si je m’étais mise en mode off pour me protéger de ce trop-plein de sollicitations, d’informations, de remarques.

J’en suis sortie assez perturbée avec cette petite voix au fond de moi.

Et puis le déclic…

Le lendemain matin, comme pour finir de « m’achever », j’apprends quelque chose qui me met hors de moi. Je passe une sale journée à ressasser tout cela dans ma tête et je ne dors quasiment pas de la nuit.

Je ressens une ambivalence de sentiments. De la colère, de la frustration, l’impression qu’on me prend vraiment pour une conne. J’ai beaucoup donné pour cette structure, je me suis investie à fond pour ces nouvelles missions. Mais qu’est-ce que j’ai en retour ? Quelle reconnaissance ? Quels encouragements ? Quel soutien ?

Depuis quelques semaines, j’avais réactivé mon profil sur les sites de recherches d’emploi et j’étais davantage en alerte sur les offres. Comme tous les matins donc, je fais défiler mon fil d’actualité et c’est alors que je vois passer une annonce relayée par un partenaire.

J’en prends connaissance et là, c’est comme si tout s’illuminait : « Mais voilà ! C’est ça qu’il me faut, c’est ce genre de missions qui me motive et me donne envie de faire bouger les choses ! Voilà ce qu’il me manque ! C’est ça que je veux retrouver !

Bien. Et maintenant, qu’est-ce que je fais de tout ça ? Je réponds à l’annonce ou non ? OK, ma reprise ne s’est pas passée dans les meilleures conditions mais est-ce pour autant que je dois tout remettre en question ? Je suis déjà passée par des périodes de doutes et de démotivation, ce n’est peut-être que passager. Mais alors, pourquoi est-ce que je ressens une telle envie pour cette offre ? Pourquoi est-ce que j’y pense tout le temps ? Et si c’était un signe ?

Comment savoir si le moment de partir est venu ? Sur quels éléments se baser pour faire le « BON » choix ?

Comme cet article est déjà bien assez long, je vous raconte tout ça dans un prochain…

Commentaires

  1. Par christine Abraham

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    • Par Sandrine

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