Temps d’écran, télétravail et confinement

Hier en fin de journée, le poids de la culpabilité s’est abattu sur mes épaules quand j’ai découvert le temps d’écran de Ti’Loulou sur le smartphone que je lui laissais pour travailler. Mais comment n’ai-je rien vu venir ? Pourquoi n’avions-nous pas anticipé ce qui risquait de se passer ? Et maintenant, comment faire ?

Nouveau poste, nouvelle organisation familiale

Voilà 15 jours que j’ai pris mes nouvelles fonctions et que je mets la barre (un peu) haut pour être opérationnelle sur la plupart des projets/actions/bilans/subventions.

Conséquences : je travaille beaucoup et quand je pense ma journée terminée, il y a toujours un coup de fil, une demande urgente.

Avant de m’engager, nous en avions bien discuté en famille, expliquant aux enfants que je serai moins disponible et qu’ils devraient être autonomes dans le travail à faire à la maison.

Nous étions confiants car, depuis le début du confinement, ils nous ont montré qu’ils en étaient capables. Ils ont gagné en autonomie, en organisation.

Au début, ils ont bien assuré.

Mon mari étant à la maison, il était plus facile de se répartir le suivi de la continuité pédagogique des enfants. Au début, nous étions très cadrants et quand nous avons pensé que le rythme de travail était acquis, nous leur avons laissé de l’autonomie.

Mais, petit à petit, il y a eu du relâchement, notamment chez Ti’Loulou. Et encore plus depuis que mon mari a repris le travail, qu’il rentre tard le soir et que j’ai commencé à travailler plus moi aussi.

Je travaille généralement dans le salon ce qui me permet d’avoir de la place sur la table, d’être présente pour Ti’Loulou en cas de besoin, m’assurer que la télé n’est pas leur seul loisirs.

Télétravail et continuité pédagogique

Mais, depuis quelques jours, Ti’Loulou bâcle son travail et il faut quasiment tout reprendre avec lui le soir. Erreurs de conjugaison, non respect de la consigne, phrases mal recopiés.

En discutant avec lui, il m’a avoué qu’il passait beaucoup de temps sur les écrans.

Ce qu’il s’est passé, c’est que, pour éviter d’être sollicitée pendant mes temps de travail, je lui ai confié un ancien smartphone connecté au Wi-Fi de la maison. Il était donc sensé chercher des mots qu’il ne comprends pas et regarder les vidéos demandées par la maîtresse sur cet appareil quand je ne suis pas disponible.

Mais nous n’avons pas vraiment établi de règles sur l’utilisation de ce smartphone. Au début, il faisait ses recherches et me le rendait. Depuis quelques temps, il faisait ses recherches et me demandait de le lui laisser pour regarder les vidéos. Je ne me suis pas méfiée, je pensais qu’il gérait…

Première alerte

Après ces premiers aveux, nous avons discuté et, comme pour les jeux sur console, il ne se rend pas compte du temps qu’il passe sur les écrans.

Pour qu’il réalise à quel point il est captivé par les jeux en ligne, j’ai installé une application qui permet de connaître le temps passé sur les différents jeux.

J’ai laissé passé une ou deux journée et un soir, nous avons regardé le temps passé. Et là, BAM, grosse surprise, explosion du temps passé sur les écrans. Une bonne grosse explosion.

Nous avons encore discuté et j’ai demandé à ce qu’il me rende le smartphone sitôt ses recherches finies s’il n’arrive pas à gérer son temps. Il a promis de faire des efforts, de ne pas passer plus de temps que celui autorisé pour les jeux vidéos sur console.

Excès de confiance…

Je le pensais donc reparti sur de nouvelles bases et lui faisais confiance.

Hier, j’ai travaillé dans sa chambre car grosse réunion en visio matin et des appels importants l’après midi.

Fin de journée, on se met à la relecture des devoirs et là, je constate les mêmes erreurs, des choses pas faites. Le ton monte, il pleure, n’arrive pas à se calmer.

Et puis il fini par dire qu’il n’arrive pas à se concentrer à la maison parce qu’il y a trop de tentations, qu’il se met à travailler mais qu’il est attiré par les jeux, la télé…

Je vérifie le temps passé sur les applications et je me prends une bonne grosse claquasse.

Je réalise alors qu’en voulant le laisser travailler en autonomie avec un smartphone, en ne lui reprenant pas quand sa recherche est terminée, en n’exerçant pas un contrôle plus régulier de son travail au fil de la journée, il a sombré dans l’addiction aux écrans.

En 15 jours.

C’est à ce moment là que la culpabilité m’a rattrapée et m’a mise à terre. Je ne suis plus disponible pour mes enfants parce que je suis absorbée par mon travail, que je ne prends pas le temps de faire des pauses pour m’assurer que le travail avance, parce que tout un tas de raisons…

Et alors, on fait quoi maintenant ?

Grosse discussion en famille hier soir pour essayer de trouver des solutions, remettre un cadre.

Ti’Loulou est bien conscient de la situation mais il n’arrive pas à se contrôler.

Alors nous avons opté pour une solution un peu radicale et avons décidé qu’il n’utiliserait plus le smartphone pour le moment. Retour aux bonnes vieilles méthodes, il fera ses recherches sur des dictionnaire et Bescherelle. Il regardera les vidéos sur des temps de pause que je vais m’aménager dans la journée.

Nous allons refaire un planning de ce qu’il a à faire le matin et l’après-midi. Mettre à sa disposition des feuilles et des feutres, des BD, des jeux pour qu’il redécouvre les joies de la créativité.

Nous avons discuté des ces règles avec lui, il les a approuvées et elles entrent en vigueur à partir d’aujourd’hui.

Déconfinement et retour dans les locaux…

Mais ce qui m’inquiète, c’est que nous sommes en phase de déconfinement. Je ne vais pas pouvoir rester en télétravail indéfiniment. Je ressens aussi le besoin de retourner dans les locaux parce que je n’ai pas tout le matériel nécessaire à la maison pour travailler. Je n’ai pas d’imprimante, il me manque certains dossiers…

Et puis, avec ce changement de fonction, je dois aussi changer de bureau. Il faut que je vide celui que j’occupais et prendre possession de l’autre.

Alors comment ça va se passer ?

Je n’envisage pas de laisser les enfants seuls à la maison même s’ils commencent à être grands.

L’expérience de ces derniers jours a montré que la confiance ne suffit pas. Dès qu’il y a une brèche, ils s’engouffrent dedans.

Nous avons jusqu’à la fin de la semaine pour faire un choix au niveau de notre organisation.

Ce qui se dessine, c’est un retour à l’école pour Ti’Loulou si je dois reprendre le chemin du bureau. Je conserverai un ou deux jours de télétravail pour être présente le mercredi quand il n’y aura pas classe.

Et puis, continuer à rester vigilent.e.s sur les temps d’écran, encore et toujours. Garder en tête qu’il est de notre responsabilité de veiller au bien-être numérique de nos enfants. Qu’ils profiteront de la moindre occasion qui se présente pour jouer mais que c’est à nous, parents, de mettre un cadre et de nous y tenir.

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