Passer du temps avec son amoureux sans culpabiliser

Il y a quelques temps, sur la page Facebook, j’avais demandé aux personnes qui me suivent quels sujets elles aimeraient que j’aborde. J’ai reçu quelques réponses. Pour certaines, j’avais plus ou moins déjà répondu au travers des articles rédigés sur ce blog. Et puis, j’ai reçu cette question de Pascaline du blog Une femme et des livres. Elle souhaitait savoir comment passer du temps avec son amoureux sans culpabiliser. Comme vous le lirez ci-dessous, pour lui répondre, j’ai fait appel à une coach en développement personnel. Une première donc sur le blog : l’avis d’expert.e !

Voici le témoignage de Pascaline :

La culpabilité est quelque chose de profondément ancré en moi. Je ne sais pas pourquoi, n’ayant jamais eu de goût particulier pour la psychanalyse. Quoi qu’il arrive, j’ai toujours l’impression que c’est de ma faute.

Tristesse

Illustration Mademoiselle Maman

Bizarrement, toutefois,  je n’ai ressenti aucune culpabilité quand j’ai dû reprendre le travail après la naissance de ma fille il y a presque 10 ans. Au contraire, j’ai vécu cela comme une libération. Je me dois quand même de préciser que j’adore mon boulot et que, travaillant de chez moi, je peux –à peu près- aménager mes horaires pour passer beaucoup de temps avec ma fille.

Deux ans et demi après la naissance de ma fille, son papa et moi nous sommes séparés. Deux ans et demi plus tard, je rencontrais mon compagnon actuel, l’homme du reste de ma vie. A partir de ce moment-là, la machine à culpabiliser s’est remise en route. Très fortement. Tout le temps. Jusqu’à me gâcher parfois la vie.

Ma fille est l’être que j’aime le plus au monde, elle est ma raison de vivre.

Nous vivons très souvent à deux puisque c’est moi qui en ai la garde. Je ne vis que les week-ends et une partie des vacances avec mon compagnon.

Nous avons donc une relation très fusionnelle. Malgré tout l’amour que je peux avoir pour mon compagnon, elle est et elle restera tout le temps ma priorité. Quitte à altérer ma vie de femme.

Mon compagnon souhaiterait que nous passions plus de temps ensemble. Que, de temps en temps, je laisse plus ma fille à son papa (avec qui elle est très bien, d’ailleurs) pour que nous ne soyons que tous les deux. C’est impossible pour moi. Je culpabiliserais trop.

J’aurais l’impression de délaisser ma fille pour passer du bon temps avec mon compagnon.

Une fois, j’ai néanmoins demandé au père de ma fille s’il pouvait la prendre une nuit de plus pour que je puisse sortir avec mon compagnon. Il a refusé, disant qu’il avait des choses de prévues. Cette discussion a eu lieu devant ma fille. J’en ai été malade, presque physiquement malade même, à l’idée que ma fille ait pu avoir l’impression que ses parents ne voulaient pas l’avoir avec eux. « Plus jamais ça », je me suis dit. Et ça n’est plus jamais arrivé.

(source inconnue)

Le père de ma fille a récemment rencontré une jeune femme. Plusieurs fois, alors qu’il n’a pourtant pas sa fille tant que ça, il l’a faite garder par ses parents pour pouvoir sortir avec son amie. Je sais que ma fille adore ses grands-parents et qu’elle a adoré ses moments passés avec eux. Malgré tout, le fait que le père de ma fille puisse ne pas profiter à 100 % du temps qu’il a avec sa fille (alors qu’il l’a à peine 15 % du temps avec lui) me choque profondément.

Cet été, j’ai promis à mon compagnon de partir seule en vacances avec lui pendant que ma fille sera en vacances chez son papa. Je l’ai fait parce que j’ai senti que mon compagnon en avait vraiment besoin, que c’était important pour lui, pour nous. Je suis heureuse de partir en vacances avec lui. Mais, en même temps, je culpabilise de ne pas prendre ma fille avec moi, de ne pas la faire profiter de ces vacances. Même si elle va partir avec son père.

Je ne sais pas si d’autres mamans sont confrontées à la même culpabilité que moi.

Je remercie, en tous cas, Egalimère de m’avoir donné la possibilité de m’exprimer sur un sujet dont on parle finalement très peu.”

Comment passer du temps avec son amoureux sans culpabiliser ?

Comme j’étais bien en peine pour lui répondre, j’ai fait appel à Emilie Daffis, thérapeute que vous pouvez suivre sur le site “Le Repère d’Emilie“. Vous pouvez également en savoir davantage sur son parcours dans une interview à relire ICI. Voici ce qu’elle répond à Pascaline (publié avec son autorisation) :

Chère Pascaline,

Merci de t’être exprimée sur ce déchirement que peut ressentir chaque maman et papa et de cette culpabilité que l’on ressent et qui est propre à chacun.

J’aimerais que tu comprennes que tu n’es en rien coupable, ce n’est pas de ta faute si ta puce a vécu la séparation de ses parents et si ses parents aiment d’autres personnes aujourd’hui. 

Je pense que tu le sais au fond de toi : ce n’est pas de ta faute.

Seulement la culpabilité laisse une empreinte émotionnelle, comme une blessure qui si elle n’est pas soignée, nous empoisonne doucement mais sûrement. Outre le fait, que la culpabilité devient un poison mental parce que l’on ressasse sans cesse ce que l’on n’a pas fait, ce que l’on aurait du faire, ce que l’on s’était promis de ne pas faire mais qu’on a fait quand même, et toutes les expériences que l’on juge d’échec.

La culpabilité laisse un sentiment de honte, qui nous empêche de vivre notre vie.

Nous nous punissons de vivre ce que nous sentons avoir envie au fond de nous. Ce bonheur, cet amour, toutes ses émotions de joies, de douceur, de tendresse. Comme si nous n’en avions pas le droit.

Méritons nous de vivre, d’aimer, de réussir, et même d’être tout simplement épanouie dès lors que nous n’avons pas su bien faire un jour ? Dès lors que nous pensons avoir fait du mal à celui ou celle que nous aimons plus que tout au monde ?

Bien évidemment que tu as le droit d’aimer, d’être aimée en retour. Ce n’est même pas une question de mérite, c’est une question de valeur, de se sentir à sa place, d’exister et de s’autoriser à se pardonner.

Quoi que tu ais pu faire, quoi que tu ais cru faire mal et de douloureux, tu es. Tu es Pascaline, une femme unique, singulière, courageuse, forte qui vit avec ses bagages.
Ta puce ne t’en voudra pas d’être une maman aimée par son compagnon que tu aimes en retour profondément.

L’amour grandit dans les cœurs, plus tu aimes, plus ton cœur grandit et s’intensifie. Il y a de la place pour tout le monde, et pour toi aussi.

Les enfants ont cet amour en eux. Ils ne sont pas encore comme nous, totalement façonnés par la vie et les expériences négatives qui nous coupent de l’essentiel. Les enfants ont un cœur incroyable. Ta puce peut avoir souffert de la séparation, elle peut même vivre des moments difficiles. Mais c’est son chemin et tu n’en es pas coupable. Tu es simplement responsable de la façon dont tu vas l’aimer en retour.

Tu es là pour elle, avec elle, tu l’accompagnes chaque jour de sa vie de petite fille qui grandit. Tu l’aimes, tu lui donnes, tu reçois ce qu’elle est. Tu es sa maman qui l’aime inconditionnellement.

Amour mère-enfant

Illustration It’s a mum’s life

Mais je crois que même si je te dis que tu n’es pas coupable d’être qui tu es, tu t’en voudras encore.

Parce qu’il t’appartient de te pardonner, de choisir de te libérer de ce fardeau que tu portes en te donnant ce dont tu as besoin.

Pardonne la personne que tu as pu être à un moment donné dans ta vie, pardonne toi à la maman que tu as été et qui a trahi ses propres engagements.

Câline la petite fille en toi qui pleure et qui souffre de ne pas faire ce qu’il faut et qui ne se sent pas à la hauteur. Dis lui à quel point tu l’aimes et à quel point elle n’est en rien fautive de pas savoir faire, de ne pas réussir.
Explique lui également que c’est dans les moments négatifs, dans les moments où l’on vit que l’on grandit. Qu’il n’y a rien de mal à échouer parce que c’est grâce à cela que l’on devient la personne que l’on sent être.
Dis lui également qu’elle n’est pas seule, que tu es là, toujours et surtout qu’elle n’a pas à chercher à être parfaite, parce qu’elle est déjà parfaite comme elle est aujourd’hui.

Le papa de ta fille n’a pas la même vision que toi.

Mais ce n’est ni mal ni bien, il a une vision qui lui est propre et qui lui permet d’être avec sa fille (même si c’est peu selon toi) et d’être avec lui et sa femme. Il a trouvé son équilibre et cela lui appartient.
Tu peux trouver ton propre équilibre avec ton compagnon et ta fille en revenant à ton essentiel : l’amour que vous vous portez.

Couple femme homme - Passer du temps avec son amoureux sans culpabiliser

Illustration Korrig’Anne

Tu connais les désirs de ton compagnon, tu l’aimes et tu y réponds. Connais-tu ceux de ta fille ?

Mais surtout toi sais-tu ce que tu souhaiterais ? Comment vois-tu et ressens-tu cette vie à trois ?

Quelle est ton intention de vie avec ta fille et ton compagnon ?
Enlève ces doutes et ces peurs de ce que tu te souhaites, tu as le droit et le devoir de penser à toi. Ne t’en veux pas de vouloir ce bonheur, et cet amour.
Tu as le droit d’être heureuse, d’être la femme que tu souhaites être, tu as le droit aussi d’être la maman que tu veux être.

Ne te sens jamais coupable d’exister, ne te sens jamais coupable de faire des bêtises. C’est en vivant que l’on expérimente et que l’on apprend. C’est aussi de cette façon que l’on apprend à être le parent de notre enfant, chaque jour, au quotidien.

Je t’embrasse Pascaline.

Je te remercie Egalimère, de permettre grâce à ton blog, la lecture d’un sujet autant  difficile pour chaque parent : la culpabilité et ses conséquences.

Merci Pascaline et Emilie

C’est une première sur ce blog, un article commun, un avis d’expert.e. Parfois, les lecteurs et lectrices du blog m’interrogent sur des sujets que je ne maîtrise pas. Alors l’idée m’est venue de faire appel à Emilie pour savoir comment comment passer du temps avec son amoureux sans culpabiliser.

Cette question que se posent de nombreuses personnes qui trouveront ici, je l’espère, des éléments de réponses.

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