Rézoé, entrepreneuriat et réseaux

Lorsqu’on crée son entreprise, il est nécessaire de communiquer mais comment s’y prendre quand on ne sait pas vers qui se tourner, comment rejoindre les réseaux de femmes entrepreneures… C’est le constat de Sabrina qui a décidé de créer Rézoé.
Rézoé

Bonjour,

En quelques mots, pouvez-vous nous dire qui vous êtes et quel est votre parcours ?

Je m’appelle Sabrina Boucherit j’ai 34 ans, je suis maman de deux adolescents de 14 et 15 ans et la fondatrice de Rézoé, un e-réseau social professionnel de proximité. Comme beaucoup d’entrepreneur(e)s je constate que mon parcours est atypique. Après des études dans la vente et des expériences commerciales, c’est
en 2007 que je me suis réorientée vers les métiers du bien-être en devenant esthéticienne, spécialisée en soins orientaux. J’ai aussi eu l’occasion de sous-traiter des formations pour une école parisienne et créer mon catalogue de formatrice. J’ai formé et accompagné de nombreuses femmes, j’ai aussi participé à des projets d’ouvertures de hammams et de lancement de marques de cosmétiques.

A quel moment avez-vous décidé de vous lancer dans la création de Rézoé et pourquoi avoir fait ce choix ?

Issue d’une famille de commerçants j’ai toujours su que je serai ma propre Patronne J, c’est inné en moi depuis toujours.

Comment avez-vous fait pour passer de l’idée de création au projet ?

C’est en janvier 2011 où le virage à 360° est venu frapper à ma porte. Alors que je proposais mon catalogue de formatrice dans différentes villes et réseaux, je me suis rendue compte que j ‘avais un concept destiné aux femmes, alors j’ai fait appel à une association de femmes en vue d’organiser bénévolement des rencontres entre femmes entrepreneures et rompre la solitude de l’entrepreneuriat. Et comme j’attends toujours que l’on me rappelle, j’ai pris les choses en main en créant un compte sur le réseau social Facebook en janvier 2011. Ce compte fût rapidement très sollicité, je recevais en moyenne 40 mails /semaines et des centaines de conversations en ligne. Dans le même temps le ministère du Droit des Femmes sortait de ces tiroirs un plan pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin.Après avoir cerné les besoins de ces femmes Rézoé est devenu mon métier à plein temps.

Avez-vous pu bénéficier d’un accompagnement par une structure pour vous aider dans vos démarches, pour choisir le statut juridique le mieux adapté en fonction de votre activité, vous informer sur les aides à la création d’entreprise pour les femmes ? 

J’ai alors fais appel à des professionnels de l’entrepreneuriat (communicant, consultant(e), avocat, réseau) pour leur expliquer mon idée et projet.Rapidement j’ai intégré une coopérative d’entreprises, la Scoop « Antigone » pour lancer le concept. Je n’ai bénéficié d’aucune autre aide. Rézoé est le fruit de mes économies.

Lors de vos démarches, avez-vous senti qu’être une femme pouvait être un frein à la création d’entreprise ou au contraire un avantage ? Comment cela s’est-il manifesté ? Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées lors de la création de votre entreprise ? 

Oui très rapidement, être jeune, une femme, venant du milieu du bien-être, qui plus est issue de l’immigration, ne  m’a pas aidé pour créer Rézoé . On m’a bien fait comprendre qu’il fallait que je fasse mes preuves dans la durée. On m’a aussi mis des bâtons dans les roues. (Plus les femmes que les hommes d’ailleurs). Mais la plus grande difficulté que j’ai vécue, c’est lorsque le premier webmaster que j’avais choisi pour mon projet, au lieu de travailler sur mon site faisait la promotion de son propre site en utilisant mes noms de domaines. Il a été pris en flagrant délit de cybersquatting, et cette histoire s’est réglée à « l’amiable «  via nos avocats. Suite à cette aventure, j’ai vite compris que je tenais un bon concept avec des requins autour.Tout cela m’a conforté dans l’idée que j’étais sur le bon chemin avec Rézoé. A moi d’en faire une marque reconnue.

De quoi aviez-vous besoin pour vous lancer dans votre nouvelle activité ? 

De conseils, de l’argent, le réseau je l’avais déjà. Rézoé est un e-réseau social  féminin de proximité de tous horizons professionnels. Nous sommes une marque, une entreprise, un concept pensés par une femme aux services des femmes. Cela a un coût, ce n’est pas gratuit de « Rézoé ».  Les droits d’entrée sont compris entre cent cinquante et mille euros selon la taille de l’entreprise, pour une durée d’un an. Une fois inscrites sur le site les membres peuvent communiquer gratuitement sur leurs actualités,  créer leurs évènements,  participer à des rencontres à un tarif préférentiel. Elles sont aussi prioritaires à l’inscription à un salon que nous sommes en train de mettre en place pour les fête de fin d’année.

Une option payante est ouverte aux hommes ayant un bien ou un service destiné aux femmes, leur permettant aussi de communiquer via l’achat  d’une bannière publicitaire sur le site (à la journée, à la semaine ou au mois). Rézoé est partenaire de concours nationaux (Prix de la femme entrepreneure du numérique Bouygues, Les Audaces Awards..). J’organise des speed meeting business pour des salons ou festivals je partage volontiers mon expérience de femme de réseau. Dans le but de démocratiser le réseautage auprès les femmes, Rézoé est aussi un site de communication et de promotion pour l’entrepreneuriat.

Comment faites-vous pour concilier votre activité professionnelle et votre vie personnelle ? Quelles sont les mesures mises en place pour faciliter votre quotidien ?

Après avoir travaillé jour et nuit sur le projet Rézoé, j’ai dû mettre un frein en début d’année puisque n’ayant plus de temps ni pour moi ni pour ma famille. J’ai appris à déconnecter tout simplement. Professionnellement, j’ai mis en place des règles et une nouvelle organisation. Ainsi, désormais pour me joindre entre 9 h et 17 h,sinon il faut m’envoyer un mail et être patient(e)s. Je suis énormément sollicitée.

Quels conseils pourriez vous donner aux femmes qui souhaitent se lancer dans la création de leur activité ?

Pour faciliter mon quotidien je m’offre des moments de bien-être (un hammam, un massage, un restaurant avec ma famille et mes ami(e)s). Aux femmes qui se lancent je leur conseille de suivre leur conviction, d’être tenace, de bien s’informer, se former et de venir chez Rézoé. Les femmes sont des hommes comme les autres pour entreprendre, sachez-le !

Merci Sabrina pour toutes ces informations.

Pour rejoindre Rézoé, rendez-vous sur Facebook ou sur le site.
*  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *

Si vous aussi vous avez envie de partager votre parcours de créatrice d’entreprise, vous pouvez m’envoyer vos coordonnées par mail egalimere@gmail.com ainsi qu’un lien vers votre site ou votre page FB.

Pour rappel : ces interviews n’ont aucune visée promotionnelle de l’activité des personnes interrogées. L’objectif est de communiquer sur le thème de la création d’entreprise par les femmes, d’apporter des informations et conseils.

Commentaires

  1. Répondre

    • Répondre

Cet article vous donne envie de réagir, laissez un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :