Libérée, délivrée #10dumois

Je ne sais pas si ce titre “Libérée, délivrée” est approprié en ce début de nouveau confinement. Il a été choisi en fin d’année 2019 alors que je préparais la liste des thèmes pour le rendez-vous #10dumois de 2020. Et nous voici à nouveau en confinement mais avec des mesures adaptées à la relance économique et la scolarisation des enfants. Mais je n’ai pas prévu de revenir sur ce que certaines personnes jugent comme une privation de liberté dans cet article. Non, je vais plutôt vous reparler de stéréotypes. Il y avait longtemps non 🙂

C’est l’histoire d’un petit garçon fan de la reine des neiges

Cet été, alors que nous étions en vacances chez le cousin de mon mari, j’ai entendu fredonner un air que je ne connais que trop bien. Celui de la Reine des neiges. Mais ouiiii, vous savez, ce titre qu’on a tant et tant entendu :

Oui, je sais, ne me remerciez pas…

Bref, j’étais là en train de prendre le soleil dans le jardin quand j’entends “la la réé, la la réé…“. Curieuse, je me dirige vers l’intérieur de la maison et découvre un petit bonhomme de 2 ans 1/2, le livre “La reine des neiges” entre les mains, en train de fredonner à tue-tête.

J’ai souri en me disant que ce petit garçon avait bien de la chance de grandir dans une famille qui le laisse libre de ses goûts, de ses choix.

Une éducation non genrée

En parcourant cette maison où vivent 2 petits garçons, j’ai vu des poupées, des voitures, des gommettes roses et bleues…

Cela ne m’a pas beaucoup étonnée car je connais les engagements féministes de ma “cousine”. Mais, je sais qu’elle est aussi confrontée à ce mal terrible : la scolarisation des enfants et l’arrivée des stéréotypes dans nos maisons.

Comme je l’avais indiqué en réponse à Lise et Alyssandre dans une interview à lire ICI :

Même si nous éduquons nos enfants sans stéréotypes, il existe beaucoup de livres, de dessins animés, de jouets qui sont très genrés, c’est-à-dire inventés pour l’un ou l’autre sexe.

Nous sommes enfermé.e.s dans les stéréotypes

Nombreux sont les parents qui ont éduqué leurs enfants en essayant de limiter la transmission de leurs propres stéréotypes mais qui se sont vite retrouvés confrontés à des :

  • Machin.e m’a dit que le rose, c’est pour les filles
  • L’autre s’est moqué de moi parce que je suis venu avec ma poupée et il m’a dit que c’était un jeu de fille
  • Les garçons n’ont pas voulu que je joue au football avec eux pendant la récré parce que le foot c’est un sport de garçon…

Parce que, dès que les enfants entrent en relation sociale avec des pairs, chacun exprime ses avis en fonction de l’environnement dans lequel il grandit. C’est ainsi que nos enfants se retrouvent confrontées aux stéréotypes, aux idées reçues, aux jugements des autres, aux moqueries… et en viennent à renoncer à leur liberté de faire ce qu’ils veulent.

Mais alors comment faire pour en sortir ?

Pour éviter de redire la même chose, je vous invite tout d’abord à relire cet article :

Ensuite, laissez moi vous dire que depuis la rédaction de cet article, j’ai pu constater quelques évolutions positives.

Une bonne nouvelle dans le monde des jouets

Comme vous pourrez le lire sur le site service public

En juin 2019, le ministère de l’Économie et des Finances avait rassemblé l’ensemble des acteurs de la filière jouets (fabricants, distributeurs, annonceurs) et les parties prenantes (parlementaires, autorités publiques dont celle de l’audiovisuel, représentants de consommateurs, associations) pour faire un état des lieux de la situation et aboutir le 24 septembre 2019 à un certain nombre d’engagements destinés à promouvoir la mixité entre filles et garçons dans la création, la distribution et la promotion des jouets. Un an plus tard, ils viennent de signer une version améliorée de la charte [application/pdf – 3.9 MB] , avec de nouveaux acteurs et de nouveaux engagements.

Il s’agit tout d’abord de poursuivre et de développer les actions engagées :

  • Réalisation d’un guide pratique à destination des professionnels du secteur, qui traite de la conception des produits, des catalogues, du rayonnage et de l’organisation des sites marchands ;
  • Élaboration d’un module de formation à destination des vendeurs, afin de conseiller les acheteurs en fonction de l’âge de l’enfant ou de ses centres d’intérêt, plutôt qu’en fonction de son genre.

Et pour moi, c’est une avancée considérable !

Libérer la parole sur les réseaux sociaux et notamment sur Instagram

Quel plaisir de voir fleurir sur ce réseau social de plus en plus de publications ou de comptes qui dénoncent les stéréotypes. Certains sont déjà très suivis, d’autres un peu moins mais ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. C’est donc en multipliant les publications que nous pourrons sensibiliser le plus grand nombre de personnes et leur permettre de voir les choses différemment, d’ouvrir leurs esprits.

Voici quelques exemples, je ne peux hélas pas tous les mettre car cela prend déjà beaucoup de place dans cet article :

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« C’est normal, c’est un garçon ! » . Cette phrase, je l’ai entendue il y a quelques jours à propos d’un enfant au comportement un peu agressif.⁣ ⁣ Et oui, c’est un garçon alors forcément il est bagarreur, fort, leader et courageux. Et faut surtout pas qu’il pleure. Ça, c’est pour les faibles !⁣ ⁣ J’aurais pu entendre la même pour une fille. Vous savez la petite fille sage , posée, douce, attentionnée et mature. Normal, pour une fille, hein ? ⁣ ⁣ Tout ce que je viens d’écrire relève du sexisme ordinaire. Non seulement ça le fait naître, mais ça l’entretient ! Le regard différent que l’on pose sur les filles et les garçons , et l’environnement social et culturel au sens large, va conditionner tout cela.⁣ ⁣ L'éducation joue un rôle majeur dans la transmission ou la lutte contre les stéréotypes sexistes. Même de façon inconsciente, les adultes peuvent cautionner ces représentations véhiculées par la société.⁣ ⁣ Parfois cela se fait (inconsciemment) avant même la naissance de l’enfant. Lorsque l’on apprend son sexe, on va choisir des vêtements et une décoration de chambre différents, on va même interpréter différemment les signes in utero (« il donne des coups de pieds, c’est bien un garçon ! »). Les projections sur son avenir seront différentes également. ⁣ ⁣ Dans la vie quotidienne aussi. Quand on demande de l’aide au foyer, on demandera plus volontiers à un garçon de sortir la poubelle et à une fille de faire la vaisselle (intérieur/extérieur).⁣ ⁣ Certaines émotions sont même jugées plus liées à un sexe qu’à un autre. La colère pour les garçons. La peur pour les filles.⁣ ⁣ Les codes culturels et sociaux que l’on transmet aux enfants conditionnent tout cela. Oui, filles et garçons sont différents (faudrait être aveugle) mais pourquoi créer des différences de toutes pièces ?⁣ ⁣ Quand on en prend conscience, on se dit qu’on peut agir dessus. Même si c’est extrêmement difficile tellement c’est ancré. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile que c’est impossible.⁣ ⁣ L’éducation et les valeurs que l’on transmet sont le terreau dans lequel nos enfants viennent se nourrir pour se construire. C’est en y prêtant attention que l’on bâtira une société + respectueuse ⤵

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Libérée, délivrée des stéréotypes !!!

Voilà quelques exemples de ce que j’appelle des bonnes pratiques pour se libérer des stéréotypes. Le chemin est encore long, de nombreuses résistances demeurent : freins sociaux, culturels, environnementaux…

Commencer à en prendre conscience c’est déjà un petit pas vers la liberté pour nos enfants et faire bouger les choses.

C’est pourquoi j’avais envie de rebondir sur cette histoire du petit garçon fan de la reine des neiges pour aborder une nouvelle fois ce sujet qui me tient tant à cœur.

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