Blue Ivy, presse féminine et innocence de l’enfance

Chère Blue Ivy,

Comme les grandes personnes peuvent être méchantes parfois ! Je ne comprends pas d’où vient le besoin de se moquer des autres, et encore plus quand il s’agit d’enfants.

Parce que tu es née “fille de”, dans une famille célèbre, tu es sous le feu des projecteurs. Quoi que tu fasses, il y aura toujours quelqu’un avec un téléobjectif prêt à saisir ce moment. Tu n’as rien demandé, tu n’y es pour rien. Ce sont les autres qui volent une partie de ton enfance et de ton innocence.

Pourquoi est-ce que parle de ça ?

Parce que je viens de lire un article publié dans un journal féminin qui parle de toi. Plus exactement, de ta “prestation” pendant ton spectacle de danse au milieu de tes copines. Et cet article m’a profondément mise en colère, comme plusieurs d’entre nous.

Tu sais, la presse féminine et moi, on n’est pas des grandes copines. Et je vais te dire pourquoi.

Il y a quelques temps, une journaliste parlait de la jupe que ne devaient jamais, ô grand jamais, porter les femmes “fortes“. D’autres n’arrêtent pas de se moquer du physique des personnes connues. Tu sais, celles qui sont “trop grosses“, ou “trop maigres“, ou “trop free du nichon“…

Valentine Féau, la normalitude

Si on les écoutait, les femmes devraient toutes se ressembler. On vivrait dans un monde de clones où rien ne dépasse. On devrait toutes être faites selon le même modèle. Toutes les mêmes. Et encore, la presse féminine ou people trouverait le moyen de balancer ses critiques acerbes.

Mais revenons-en à toi Blue Ivy

Donc, dans cet article, la journaliste explique que tu es la seule à te permettre tout un tas de choses. Tu t’emmêles les pinceaux, tu fais des grands mouvements, tes cheveux ne sont pas attachés. Oh là, là, mais que tu es “maladroite et envahissante” dit-elle…

J’ai lu l’article avant d’avoir vu la vidéo. Je me suis laissée influencer et je m’attendais donc à te voir en petite diva capricieuse. Parce que oui, la presse people aime bien caractériser les petites filles des gens connus comme étant des “capricieuses”. Ou des princesses qui n’en font qu’à leur tête. Tu sais, tous ces stéréotypes que la société a déjà tendance à attribuer aux filles qui ont du caractère.

Pardonnes-moi Blue Ivy mais quand j’ai lu que tu prenais le devant de la scène parce que tu est la “fille de“, j’y ai cru. Et oui, tu vois, je véhicule moi-même des stéréotypes à ton sujet alors que je ne te connais pas . Je ne te connais tellement pas que je n’aurai pas su te reconnaître sur la vidéo sans la petite flèche “Blue Ivy”.

Et puis, j’ai vu la vidéo.

Plus exactement, je t’ai vue toi, Blue Ivy, au milieu des autres. Et si mon regard s’est attardé sur toi, ce n’est pas parce que tu es la “fille de” mais parce que j’ai adoré ce que j’ai vu !

J’ai vu tes cheveux qui volent autours de tes joues comme des rubans. Ton regard qui se fixe pendant que tu essaies de reproduire les mouvements que doit t’indiquer ton ou ta prof de danse. Tes gestes qui s’emmêlent et me rappellent quand je suis au cours de fitness. Tu sais, ce moment gênant où toutes tes copines partent à droite et que toi, tu pars à gauche. Bien sûr que tu sais…

Ce que je vois dans cette vidéo, c’est une petite fille qui s’éclate. Et qu’est-ce que ça fait du bien !

C’est ton insouciance que je vois. Cette soif de liberté, ce sourire sur tes lèvres, tes bras qui se lèvent comme si tu allais t’envoler. C’est ce plaisir d’être là, de vivre pleinement ce moment et qu’est-ce que cette image me plaît Blue Ivy !

Tu aurais pu être la petite fille modèle, le chignon impeccable, les entrechats parfaits… C’est peut-être ce que les magazines attendent de toi. Que tu correspondes à ces gros stéréotypes de la petite fille sage comme une image. De celles qui portent des jolies robes, sourient à la caméra, ne courent pas partout. Surtout pas ce genre de petite fille qu’on imagine très bien sauter dans les flaques d’eau, roter, péter et s’éclater parce que c’est drôle.

Rose joue à la princesse - Fleurus - Stéréotypes - Egalimère - Blue Ivy

Alors tu sais quoi Blue Ivy . J’ai envie de te dire “Merci”.

Oui, merci Blue Ivy parce que, du haut de tes 5 ans 1/2, tu viens de me donner une bonne leçon. Tu viens de mettre une bonne grosse claque à mes stéréotypes. Et oui, tu viens de me montrer qu’à 5 ans 1/2, on s’en fou des gens, de la presse, des normes, des clichés. Non, à ton âge, on s’éclate et peut importe que tu sois la “fille de”. Sur cette vidéo, tu es une petite fille libre. Libre de penser, libre de bouger, libre de t’exprimer, libre de t’éclater.

Tu m’as montré ton vrai visage, celui d’une fillette de 5 ans 1/2 qui se fiche bien de ce que les autres pensent. J’ai compris en te voyant que lorsqu’on se sent enfermé·e dans des codes et des clichés, il suffit de lever les bras au ciel, de tourner sur soi et de rire aux éclats pour s’envoler.

Merci Blue Ivy parce que tu m’as montré que la liberté de faire ce qu’on veut, on ne la demande pas, on la prend !

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  4. By EMILIE GERGAUD

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  5. By Jess

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