Ces soirs de réflexions…

Certains soirs, quand la journée a été difficile, quand il a fallu être sur tous les fronts (professionnels – personnels – familiaux – sociaux) et qu’en plus, sur ma page Facebook j’ai dû défendre mes idées et mes valeurs face à une ou des personnes venues par je ne sais quel biais avec l’unique but de contrer tous mes arguments, j’ai juste envie de me retrouver dans ma bulle, dans ma zone de confort, à l’abri de toute cette malveillance.

Illustration de Mademoiselle Maman

Je ressasse alors tout ce qu’on a pu m’opposer sur la page, toutes ces attaques qui deviennent de plus en plus personnelles alors que les “échanges” se poursuivent et finissent par des insultes.

Ces soirs là, je me dis qu’il faut être solide pour défendre ses convictions, pour ne pas se laisser aller à la facilité et capituler face à l’adversaire.

Ces soirs là, j’ai envie de pleurer parce que ça fait mal. Parce que j’ai assez pris de coups comme ça dans ma vie et que toute cette violence gratuite qui se déchaîne sur les réseaux sociaux ne me laisse pas indifférente.

Ces soirs là, je me dis que c’est quand même drôlement facile de venir s’en prendre à une personne, caché-e derrière son écran. Que chercher sur Internet des contre-arguments ne prend que quelques secondes et qu’avec la force des mots, il est possible de se sentir tellement supérieur-e à la personne en face.

Ces soirs là, j’ai juste envie qu’on me laisse tranquille, qu’on arrête de venir me dire que je suis une femme et qu’à ce titre, j’ai juste le droit de fermer ma gueule, que je ferais mieux de rester à la maison à m’occuper de mes gosses plutôt que de venir proférer des conneries sur les réseaux sociaux, que si je restais chez moi, il y aurait davantage de travail pour les hommes et moins de chômage, que je dois être mal baisée pour être féministe, une gouine refoulée pour certains… et j’en passe.

Ces soirs là, quand les attaques se sont centrées sur mes enfants, je me me dis que ces personnes vont trop loin. Alors non, je ne force pas mes enfants à porter du rose ni à s’habiller comme des princesses pour lutter contre les stéréotypes, oui, je leur demande de participer aux tâches domestiques et je vous rassure, ils le vivent très bien. Pour ce qui concerne leur orientation sexuelle future (il m’a été déjà dit à plusieurs reprises qu’avec une mère féministe, mes fils deviendront des “tapettes”, “pédés” voire même “transgenres”) ils seront libres d’aimer qui ils veulent tant qu’ils sont heureux. Je ne suis pas inquiète de leur équilibre mental car ils savent faire la part des choses (rendez-vous compte, ils jouent avec des pirates sanguinaires qui tuent pour de l’argent et quel exemple je leur donne là !!!!… mais ils savent que c’est un jeu, que dans la vraie vie, il y a des lois, des règles, et qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut)… Bref, je ne vais pas m’étendre sur les commentaires ou les messages privés reçus, vous ne les avez pas lu ou vous ne les voyez plus parce qu’ils sont supprimés et les auteur-e-s banni-e-s.

Certains soirs, je me dis que si j’arrêtais tout maintenant, j’aurais plus de temps à consacrer à nouveau à ma famille, à mes activités, à ma vie sociale et que tout ceci aura été malgré tout une belle histoire entre vous et moi.

Certains soirs, je pense que j’ai juste besoin de prendre du recul, de m’enfermer dans ma bulle et me centrer sur la vie, la vraie vie, celle de tous les jours, celle qui se passe loin du monde virtuel qui peut être si cruel.

Alors je réfléchis, j’en discute avec Egalipère, avec Lena Jomahé pendant le Salon du Livre, avec quelques lectrices fidèles qui m’ont envoyé des messages privés pour me soutenir et je leur fais part de mon ressenti.

Je suis très attachée à Egalimère. Voilà plus d’un an qu’elle est entrée dans ma vie, qu’elle fait partie de moi, qu’elle prône et défend mes valeurs et mes idées. Mais parfois, elle m’use, me fatigue, me prend toute mon énergie parce qu’elle peut me miner le moral, notamment lorsque je passe quelques heures à contrer des arguments, attaques, injures…

J’ai dit et redit que ce blog était conçu pour informer sur les droits des femmes, sur l’égalité, sur les stéréotypes. Je me suis mis de nombreuses barrières, des contraintes relatives à ma “ligne éditoriale” parce que je ne voulais pas m’éparpiller dans ce blog.

Ces dernières heures, je me suis rendu compte que j’ai de plus en plus envie d’aborder d’autres sujets, de vous parler un peu plus de ma vie, de mes humeurs du jour, de mes sorties avec les enfants (visites dans Paris, sortie cinéma, restaurant, voyages…) mais je ne m’y autorise pas sur ce blog.

J’ai donc pensé à en ouvrir un autre, j’ai même déjà créé la page Facebook, mais au moment de me mettre à la rédaction d’un premier article, je suis restée bloquée : et Egalimère dans tout ça ?????

Est-ce qu’à mon image, elle n’a pas le droit d’évoluer un peu ? De parler de choses de la vie de tous les jours parce que c’est LA vie d’une femme active, épouse, mère, salariée, amie, citoyenne, militante…

Est-ce que je peux m’autoriser à franchir les limites que je me suis fixées ? Est-ce que je dois rester enfermée dans une ligne éditoriale que je me suis fixée au départ alors que j’ai des envies d’autre chose ? Est-ce que j’aurai l’énergie pour tout reprendre à zéro avec une autre page, un autre blog alors que vous êtes déjà nombreux-euses à me lire ? 

Je ne sais pas encore quelle suite donner à tout ça. Je vous livre ici le fruit de mes réflexions, je n’ai pas encore trouvé la solution, je me laisse encore un peu de temps pour prendre des décisions mais je suis curieuse de savoir ce que vous en pensez 🙂

 

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  1. By Aurelie lesmissacouettes

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  6. By Wirbel

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