L’interview culottée de Hello Sunday Paris

Lorsque Louise, créatrice de Hello Sunday Paris, m’a contactée pour me proposer de tester ses dessous pour enfants, j’ai décliné sa proposition. Mes enfants sont déjà bien pourvus et je ne voyais pas ce que viendraient faire des petites culottes sur mon blog. Et puis, cette mention “Des culottes engagées” a attisé ma curiosité. Alors je suis allée faire un tour sur le site et j’ai été séduite par ce concept “pour chaque sous-vêtement acheté sur notre site, nous reversons 10% de tous nos bénéfices à l’association française Un Enfant par la main.

Et vous commencez à me connaître, dès que quelqu’un vient en aide d’une manière ou d’une autre aux enfants, j’ai envie d’en parler. Plutôt que de parler de dessous pour enfants, j’ai préféré demander à Louise de nous parler de son parcours de créatrice. Alors je lui laisse la parole et vous laisse découvrir cette interview culottée.

 

Hello Sunday Paris - Entreprendre au féminin - Egalimère

En quelques mots, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai d’abord étudié la psychologie à l’université pendant 2 ans puis je me suis réorientée. J’ai fait une école de mode, ESMOD à Paris, pendant 3 ans dans laquelle je me suis spécialisée en lingerie. J’y ai obtenu un diplôme de styliste & modéliste avec une option graphisme. Après cela, je suis tout de suite partie à Londres.

A l’époque mon rêve était de monter une marque de maillots de bains pour femmes. J’ai fait mon stage de fin d’études avec la créatrice de la marque de swimwear Auria London que j’admire énormément ! C’était une formidable expérience qui m’a permis de parfaire mon anglais. Mais également de découvrir que les sous-vêtements avaient une place de plus en plus importante dans le monde de la mode. A l’époque, la section lingerie & swim n’était représentée que depuis 3 ans à la London Fashion Week, c’était tout récent ! Et Auria London faisait partie des marques créateurs à exposer dans les showroom de Somerset House afin de faire découvrir sa collection à la presse et aux acheteurs internationaux.

Après cela je suis rentrée à Paris. J’ai enchaîné les expériences professionnelles au sein de divers marques, allant de petites start-up à des grandes marques installées depuis très longtemps. Je suis notamment passée par Undiz et Roxy, qui m’ont permis de véritablement finaliser mon apprentissage.

Hello Sunday Paris - Egalimère
A quel moment avez-vous eu envie de créer votre activité Hello Sunday Paris ?

Honnêtement, j’ai toujours rêver d’être indépendante et de créer ma propre société. Je ne dirais pas que c’est un « rêve d’enfant » dans le sens où je ne me suis jamais dit « plus tard, je serais créatrice de culottes pour enfants! ». Mais le désir d’être entrepreneure s’est manifesté dès l’école de mode, et n’a fait que grandir depuis.

A la fin de mon dernier emploi il y a un an et demi, j’y ai vu le parfait timing pour me lancer !

Hello Sunday Paris - Egalimère

Comment avez-vous fait pour passer de l’idée de Hello Sunday Paris au projet ?

Je me suis très vite mise au travail : en 2 semaines la collection était dessinée. Puis il a fallu créer la structure juridique, me constituer un réseau d’entrepreneurs pour me conseiller et me coacher. Trouver tous mes prestataires de travail, organiser des événements de networking, faire fabriquer un premier stock (donc de la gestion de production), faire le site etc etc…
Le plus long a été de trouver mes prestataires de travail : cette seule étape m’a pris 6 mois !

Hello Sunday Paris - Egalimère

Pouvez-vous nous dire en quoi consiste cette activité ?

Je suis « créatrice » donc cette activité en fait regroupe tout un tas de métiers différents… Je fais du stylisme, de la gestion de production, de la gestion de e-commerce, j’organise des évènements, des shooting photo, des campagnes de communication etc.

Mais concernant la teneur de mon projet : j’ai créé une marque de sous-vêtements pour enfants qui participe à la lutte pour la protection de l’enfance. En reversant une partie de mes bénéfices, la vente des sous-vêtements permets de financer des jours d’école pour des enfants démunis à travers le monde.

La marque offre ainsi une alternative éthique à un achat de première nécessité. Tous les enfants ont besoin de porter des sous-vêtements, alors pourquoi ne pas en profiter pour avoir un impact humain à sa petite échelle en même temps?

Un enfant par la main - Egalimère

Avez-vous pu bénéficier d’un accompagnement pour vous aider dans vos démarches ? D’une aide spécifique pour les femmes ?

Je n’ai pas bénéficier d’accompagnement à proprement parler par un organisme extérieur. Mais j’ai su fédérer autour de moi tout un réseau d’entrepreneurs aux profils très différents qui ont su m’apporter leurs lumières sur des sujets spécifiques lorsque j’étais bloquée.

Dans le monde de entrepreneuriat très sincèrement je n’ai pas ressenti une bienveillance féminine supérieure à celle des hommes. Je n’ai rencontré que des gens passionnés : hommes et femmes, qui m’ont épaulée et se sont montrés attentifs et positifs envers mon projet. Par contre, il est vrai qu’il existe aujourd’hui beaucoup de réseaux de femmes entrepreneures comme Action’elles. Il existe aussi des médias spécialisés pour les femmes comme Feminalink, Fraiches, My Little Paris, qui organisent toutes sortes événements incroyables à destination des femmes uniquement.

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Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lors de la création de votre activité et celles que vous pouvez encore rencontrer ?

J’ai rencontré toutes sortes de difficultés ! Tout d’abord, lorsque l’on est jeune comme moi, c’est difficile de convaincre les prestataires de travail de vous faire confiance et de bosser avec vous. Il faut sans cesse prouver que l’on est un interlocuteur averti, et que l’on est aussi sérieux et impliqué qu’une grosse boîte.
Enfin, je dirais que la plus grosse difficulté que j’ai rencontré c’est que je n’arrive pas à déléguer. Et ce n’est pas faute d’en avoir envie et besoin ! Il faut maitriser toutes sortes de sujets ayant des codes et des langues différentes, afin de savoir exprimer au mieux ses besoins et ses problématiques, et être sur que l’on va déléguer à la meilleure personne. J’ai eu des mauvaises surprises et depuis, je passe mon temps à faire des formations afin de palier à tous ces problèmes et de pouvoir tout faire toute seule, c’est épuisant!

Hello Sunday Paris - Egalimère

Comment faites vous pour gérer vos différentes activités du quotidien (boulot, blog, famille…) ?

C’est simple, n’ayant pas de famille à charge (je vis avec mon chéri qui est lui aussi travailleur indépendant) je n’ai pas vraiment d’horaires, et je travaille tout le temps. C’est à la fois très pratique car je suis très libre et disponible, et je ne rends de compte à personne. Et à la fois je ne coupe jamais vraiment ! En semaine je travaille toute la journée, parfois le soir, et un weekend sur deux je participe à des événements pour promouvoir la marque. Donc au final je ne déconnecte j-a-m-a-i-s.

Il n’y a que quand je vais faire du sport à la salle que je ne prends pas mon téléphone avec moi, afin de faire une vraie coupure.

Hello Sunday Paris - Egalimère

Quelles sont les solutions mises en place pour faciliter votre quotidien ?

Honnêtement je n’en ai pas ! J’essaie de m’organiser au niveau des courses et de la cuisine pour ne pas avoir à les faire 4 fois par semaine. Cela me permets de me dégager du temps pour faire du sport.
Mais en vivant dans Paris intra-muros, je dirais qu’avoir une voiture et un ascenseur dans mon immeuble (je vis au 4ème étage) me changerait la vie ! Ça me permettrait de ne pas galérer à transporter tout mon bazar quand je vais faire mes événements, et ne pas me casser le dos en portant des charges lourdes dans les escaliers. Mais c’est le lot de tous les jeunes créateurs vivant dans Paris…

Hello Sunday Paris - Egalimère

Quels conseils pourriez-vous donner à une personne qui souhaite se lancer dans la création d’entreprise ?

Tout dépend du type d’entreprise… Mais je dirais d’une manière générale, de ne pas se précipiter. Un concept est en constante évolution. Je pense qu’il ne faut pas mettre trop d’affect dans le début d’un projet, d’un nom ou d’une idée qui risque de totalement changer au fil du chemin parcouru.

Choisir un moment propice au sein de sa vie personnelle est aussi primordial. On avance beaucoup mieux et beaucoup plus vite en choisissant une période de sa vie dans laquelle on a la « place » d’entreprendre. En étant stable financièrement et en ayant du temps libre en perspective.

Enfin, je dirais qu’évaluer les risques est très important également. Je me dis toujours que lancer un business c’est comme au poker : il faut miser seulement ce que l’on est prêt à perdre.

Hello Sunday Paris - Egalimère

Si vous voulez ajouter quelque chose, c’est à vous !

J’ajouterais que cette expérience m’a vraiment permis de m’épanouir en tant que personne, pas seulement dans le cadre du travail. Je me suis fait de nouveaux amis incroyables, développé énormément de compétences. J’ai rencontré tout un tas de personnes passionnantes et découvert entrepreneuriat social.

Tous ces facteurs contribuent à donner un sens nouveau à ma vie et ça, ce n’est pas rien 🙂

Merci Louise pour cette interview 

Crédit photos : Hello Sunday Paris – Article non sponsorisé – Aucun produit offert.

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