Numéro Une, pourquoi j’ai aimé ce film

Jeudi 28 septembre, j’ai eu la chance de pouvoir assister à l’avant-première de Numéro Une. Ce film est réalisé par la talentueuse Tonie Marshall et interprété avec brio par Emmanuelle Devos, Richard Berry, Benjamin Biolay. Pour information, Le Ministère du Travail a apporté son soutien à la production du film. De même que le groupe Coca Cola dont j’ai pu découvrir les engagements en matière d’égalité professionnelle.

Numéro Une - Invitation avant-première - Egalimère

Quelques mots sur l’histoire de Numéro Une

Emmanuelle Blachey (Emmanuelle Devos), ingénieure brillante, mène une belle carrière dans une grande entreprise du secteur de l’énergie. Trilingue, elle mène les négociations avec ses clients chinois avec des compétences que n’ont pas ses collaborateurs. Parce que oui, dès le début du film, on s’aperçoit qu’elle est la seule femme à présider au comité exécutif de son entreprise.

Un jour, alors qu’elle doit intervenir dans au Women’s Forum de Deauville, elle est démarchée par un réseau de femmes d’influence. Elles lui proposent de l’aider à accéder à la tête d’une entreprise du CAC 40. D’abord réticente, elle se laisse peu à peu convaincre que sa place est à la tête de cette entreprise.

Mais, dans un milieu encore largement dominé par les hommes, l’accession d’une femme à cet échelon n’est pas vue d’un très bon œil. Tentatives d’intimidations, mensonges, calomnies… rien ne lui sera épargné.

Entre sexisme bienveillant, sexisme hostile, Emmanuelle Blachey est confrontée à des situations que connaissent de nombreuses femmes à ce niveau de responsabilité.

Numéro Une - Crédit photo Pyramide Films - Marcel Hartmann

Crédit photo Pyramide Films – Marcel Hartmann

Pourquoi j’ai aimé Numéro Une ?

Ce film m’a plu parce que je suis sensibilisée à tous les thèmes qui y sont abordés. Vous ne verrez peut-être pas la même chose en allant le découvrir mais vous passerez un bon moment. Et surtout, vous en sortirez en vous disant que l’égalité femmes-hommes n’est pas encore gagnée…

Il aborde l’égalité professionnelle et le plafond de verre

Comme je le disais plus haut, Emmanuelle Blachey est la seule femme à présider au Comité exécutif de son entreprise. Lorsqu’on lui propose de devenir dirigeante d’une entreprise du CAC 40, elle se dit que c’est impossible. Pourquoi ? Parce qu’à ce jour encore, seulement UNE femme dirige une entreprise ce type d’entreprise.

Numéro Une - Infographie ministère du travail nombre de femmes dirigeant une entreprise du CAC 40

Infographie Ministère du Travail

Il dénonce le sexisme en entreprise

Avant de réaliser ce film, la réalisatrice, Tonie Marshall, est allée à la rencontre de femmes qui occupent des postes à hautes responsabilités. C’est en s’inspirant de leurs parcours, de leurs anecdotes, qu’elle a construit le personnage d’Emmanuelle Blachey.

Tout au long du film, on ressent bien le sexisme ambiant sous ses différentes formes :

  • la parole coupée par les hommes,
  • la minimisation d’une réussite professionnelle,
  • un geste qui pourrait s’apparenter à une agression sexuelle,
  • les allusions au charme de la femme au lieu de valoriser ses compétences à négocier des contrats,
  • les insultes à caractères sexuels,
  • les discriminations.

Toutes ces situations montrent bien combien il est difficile pour les femmes d’évoluer dans un milieu encore fortement masculin.

Numéro Une - Crédit photo Joris Rossi

Crédit Photo Joris Rossi

La vie de famille des Business Women

Je parle souvent d’articulation des temps sur mon blog et j’étais curieuse de voir si cela serait abordé dans le film.

Tony Marshall, dans le moment d’échanges après la production, racontait que toutes les femmes interrogées avaient le même discours. Elles ne pourraient pas avoir d’enfant ni de vie privée si elles n’avaient pas de partenaires de vie qui les comprennent et prennent le relais.

Dans le film, Emmanuelle Blachey et son mari exercent tous deux des professions à hautes responsabilités qui nécessitent des déplacements fréquents. Lorsqu’elle rentre très tard chez elle, une baby-sitter est là qui veille sur sa fille endormie. Elle se rend à son chevet et lui raconte sa journée.

Plus tard, elle demande à son assistante de repousser un rendez-vous pour pouvoir amener sa fille à l’école. Tout est organisé, cadré, géré en amont, délégué… Et laisse croire que les tâches domestiques sont confiées à une horde d’employé·e·s de maison.

Numéro Une - Crédit Photo Tabo Tabo Films

Crédit Photo Tabo Tabo Films

Numéro Une n’entre pas dans la caricature

Qui n’a pas entendu ce genre d’allusion “ah ça, pour être à ce poste, elle doit avoir des couilles…“. Parce que oui, pour réussir professionnellement dans un milieu fortement masculinisé, il faudrait que les femmes aient des attributs masculins. Pas de compétences ? Ni de savoir faire ? Non, elles doivent se comporter comme des bonhommes, des vrais !

Et c’est ce qui m’a plu aussi dans ce film. Emmanuelle Blachey, contrairement à certains films où les femmes prennent des attitudes masculines lorsqu’elles accèdent au pouvoir, conserve la même conduite. Sous sa douceur apparente se cache une femme de caractère, compétente, professionnelle. Ce sont ces qualités qui vont lui permettre de briguer ce poste à haute responsabilité.

Même si j’aime beaucoup les personnages torturés, que j’aurai aimé la voir craquer avant de remonter ses manches et relever la tête, elle incarne “la force tranquille”. Elle reste calme, posée, ne rentre pas dans le conflit ou l’agressivité.

Numéro Une - Crédit Photo Tabo Tabo Films

Crédit Photo Tabo Tabo Films

L’importance des réseaux féminins

Certes, le réseau de femmes d’influence tel qu’il est montré dans Numéro Une n’existe pas (ou alors il est bien caché). Mais cela permet de rappeler que les réseaux féminins existent et qu’ils sont très utiles.

Ces réseaux regroupent généralement des femmes qui exercent la même profession, travaillent dans la même entreprise. Il existe aussi des réseaux de femmes qui fréquentent la même école.

Ils ont en commun la volonté de booster la carrière des femmes qui continuent à se heurter au plafond de verre. Alors que les carrières des hommes et leurs salaires explosent, les femmes n’évoluent plus arrivées à un certain niveau de responsabilités.

Numéro Une - Crédit Photo Tabo Tabo Films

Crédit Photo Tabo Tabo Films

Un discours positif

S’il n’y a pas de femmes aux hauts postes à responsabilité, ce n’est pas parce qu’il n’y en a pas ! C’est parce qu’elles ne s’autorisent pas à postuler et qu’on ne les y encourage pas !“Voilà un peu le message de Numéro Une. Tonie Mashall le dit elle-même “Ne vous demandez pas si vous êtes faites pour un poste, demandez-vous si vous le voulez !“.

Même si nous n’avons pas toutes l’ambition d’accéder à un poste à si hautes responsabilités, ce film est inspirant. Il vise à montrer que la place des femmes est partout dans la société, y compris dans ces postes du CAC 40.

Pour aller plus loin sur le thème de l’égalité professionnelle 

Du 2 au 8 octobre 2017, c’est la semaine de l’égalité professionnelle. De nombreuses manifestations sont organisées partout en France. Vous pouvez les retrouver en cliquant sur la carte interactive ci-dessous :

Sur le site du Ministère du Travail, vous trouverez un rappel des principes de l’égalité professionnelle : ICI 

Chaque année, le Secrétariat d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes publie “Les chiffres clés de l’égalité”. Il rassemble les dernières données statistiques sexuées dans différents domaines : éducation, formation, emploi, santé, sport, violences faites aux femmes. A consulter ICI 

Sur le site du Secrétariat d’État en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes de nombreux outils sont également mis à disposition.

Comments

  1. By Nathalie Z

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