Stop au Déni, la campagne 2016

La campagne Stop au Déni a pour objectif de sensibiliser le public aux violences sexuelles et à la double peine que subissent les victimes (remise en cause de leur témoignage, remarques sur leur tenue vestimentaire, leur attitude, déni du viol…).

La campagne 2016 s’appuie sur les résultats de l’enquête réalisée par l’institut IPSOS et l’association Mémoire Traumatique et Victimologie. Ils ont été présentés le 2 mars en amont de la Journée Internationale des Droits des Femmes, par la Délégation au droits des femmes du Conseil économique social et environnemental (CESE) et l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au Conseil économique, social et environnemental.

Cette enquête porte sur “les français-e-s et les représentations sur le viol et les violences sexuelles” et les résultats sont consternants !

Campagne stop au déni

Vous trouverez les résultats complets de l’enquête dans un lien plus bas mais en voici certains  :

  • 40 % des français-e-s estiment que si la victime a eu une attitude “provocante” en public, cela atténue la responsabilité du violeur,
  • 1 français-e sur 5 juge que lors d’une relation sexuelle, la femme peut prendre du plaisir à être forcée,
  • 29 % des français-e-s pensent qu’à l’origine du viol, il y a souvent un malentendu…
  • pour 27 % des français, cela atténue la responsabilité du violeur si la victime portait une tenue sexy (mini-jupe, décolleté),
  • 4 français-e-s sur 10 estiment que si on se défend vraiment, on fait fuir le violeur,
  • Plus d’un-e français-e sur 5 estime qu’il n’y a pas viol lorsque la personne cède quand on la force,
  • 17 % des français-e-s estiment que forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel alors qu’elle le refuse n’est pas un viol…

Des résultats qui montrent à quel point les idées fausses et les stéréotypes perdurent quand il s’agit des violences sexuelles.

Pour paraphraser cette étude, on pourrait dire qu’une femme victime de violences sexuelles l’a bien cherché si elle porte une tenue sexy, si elle a accepté d’aller prendre un dernier verre au domicile du violeur, si elle s’est laissée embrasser, si elle n’a pas réussi à se défendre… Limite même, elle aurait pu prendre plaisir dans l’acte… 

Mais quid du violeur ? Avant de consulter les autres résultats, ce qui me frappe dans cette étude, c’est la minimisation de l’acte : les hommes ont plus besoins sexuels que les femmes, il leur est donc plus difficile de résister à la tentation, surtout si la victime portait une tenue sexy et avait un comportement aguicheur…

Je vous laisse découvrir les autres résultats qui sont tout aussi inquiétants :

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Stop au Déni, la campagne 2016 

Le but de cette nouvelle campagne Stop au déni 2016, outre mesurer l’adhésion aux idées reçues, est de sensibiliser le public au déni, à la culpabilisation et à la maltraitance auxquels se heurtent les victimes de viol, souvent laissées pour compte et abandonnées.

En effet, il ressort de cette enquête que la culture du viol véhicule encore de nombreuses représentations et idées reçues. Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, le manque d’informations sur les chiffres des viols et violences sexuelles concerne toute la population. Il est donc encore nécessaire de communiquer à grande échelle sur cette enquête et c’est le but de cette campagne.

Les éléments de la campagne Stop au Déni :

Le dossier de presse téléchargeable ICI 

Les résultats de l’enquête téléchargeables ICI 

Les infographies téléchargeables ICI 

Les précédentes campagnes Stop au Déni :

En 2015, la campagne Stop au déni  était centrée sur l’étude des trajectoires des victimes de violences sexuelles (soutenue par l’Unicef France) pour informer le public et susciter une prise de conscience de la gravité des violences sexuelles. Vous la retrouverez ICI 

En 2014, la campagne avait pour objectif de dénoncer une culture du viol construite sur des stéréotypes sexistes dans un contexte d’inégalité de pouvoir entre les hommes et les femmes, et de sensibiliser le grand public au déni, à la culpabilisation et à la maltraitance auxquels se heurtent les victimes de viol, souvent laissées pour compte et abandonnées.

En 2016, le combat contre les violences sexuelles continue et, comme il est mentionné sur le site de la campagne :

Lutter contre les violences sexuelles doit être une priorité politique absolue, elle nécessite un effort national exceptionnel et des mesures pour mettre en place en urgence un plan national ambitieux de lutte contre les violences sexuelles afin que le droit de toutes les victimes de violences sexuelles à être informées, protégées, soignées, reconnues par la justice et réparées soit respecté à tout moment de leur parcours.

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