Vie pro vie perso dans l’OCDE

A l’occasion de la parution de son numéro spécial de « La Chronique Internationale « Variation de la conciliation vie familiale – vie professionnelle dans l’OCDE », l’IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales) organisait le 12 février 2016 une matinée de présentation – débats.

Vie pro vie perso dans ocde

Cette matinée a permis de présenter les mesures en faveur de l’articulation des temps mises en place dans certains pays.

Vie pro vie perso dans l’OCDE

Une partie des inégalités professionnelle prend racine dans la vie familiale et ce, quelque soit le pays. L’objectif de ce numéro est d’analyser comment cette conciliation a traversé les tensions économiques et financières ces dernières années et d’analyser les réformes mises en place dans différents pays.

Trois principaux résultats sont à retenir :
– Les modèles vont rester dépendant des modes de régulation des pays,
– Il existe une variété de modèle selon les pays,
– En période de crise, ces dispositifs ont été maintenus à leur niveau d’avant-crise. Il n’y a pas eu d’évolution. Les difficultés liées à la conciliation proviennent des dégradations des conditions des anciens emplois, du développement des emplois précaires, de la flexibilité des horaires de travail…

Quelles régulations des politiques de conciliation vie familiale – vie professionnelle dans les pays de l’OCDE ?

Etats-Unis

Concilier vie professionnelle et vie professionnelle aux États-Unis revient cher. D’une part, il n’existe pas de congé maternité au niveau fédéral. Il est possible pour une femme de prendre 12 semaines mais sans solde. De même pour les congés parentaux et maladie. D’autre part, l’offre de service de garde d’enfants est principalement privée et à but lucratif. Il existe une aide fédérale mais limitée aux personnes ayant de très faibles revenus.
La résistance à la mise en place d’une politique familiale s’explique par le poids des traditions : c’est une affaire privée, voire une affaire de femmes.
Quelques employeurs mettent en place des mesures en faveur de l’articulation des temps (flexibilité des horaires, congés rémunérés sous certaines conditions…) mais surtout lorsqu’ils ont besoin de fidéliser leurs salarié-e-s ou d’en attirer.

Les États-Unis font donc figure d’exception en matière d’articulation vie familiale – vie professionnelle.

Allemagne

Depuis une dizaine d’année, la conciliation vie familiale – vie professionnelle a connu une montée dans les préoccupations politiques.

Jusqu’au début des années 2000, le schéma familial reposait sur « Monsieur Gagne-Pain » mais il ne correspond plus aux aspirations d’égalité, à la montée du taux d’emploi des femmes, la diminution des salaires masculins, la crainte des entreprises d’un épuisement de la main d’œuvre qualifiée.

Malgré tout, les mentalités ont encore du mal à évoluer et beaucoup pensent encore que l’emploi des mères nuit au développement de l’enfant.

L’Allemagne a mis en place une réforme du congé parental en 2007 :
– Diminution du délai à 12 mois,
– Implication des pères (congé prolongé de 2 mois si c’est le père qui le prend)
– Protection du niveau de revenu des salarié-e-s (allocation de substitution).

Le nombre de crèche est encore faible et les inégalités d’accès aux modes de garde persistent en fonction du lieu de résidence.

France

La France est placée dans les pays où l’implication des entreprises est la plus faible. Les contraintes financières et les obligations légales sont souvent mentionnées comme étant des contraintes à la mise en place de mesure en faveur de l’articulation des temps.
Pour inciter les entreprises à investir dans ce champ, des mesures ont été mises en place : crédit impôt famille en 2004, partage des bonnes pratiques (chartes, label, observatoires…), négociation obligatoire depuis 2006.
Pour mettre en exergue ces bonnes pratiques, Delphine BROCHATD et Marie-Thérèse LETABLIER ont mené une étude en 2013 « Les dispositifs d’entreprise en direction des familles ». Ce rapport comporte :
– une première partie reprenant le cadrage statistique des dispositifs de soutien à l’exercice des responsabilités familiales dans les entreprises
– une deuxième partie les conditions de mise en place et leurs impacts sur les salariés bénéficiaires.

Concilier, à quel prix ? L’effet des conditions d’emploi et de travail.

Depuis une dizaine d’années, la situation économique a changé. Les femmes ont plus recours au temps partiel mais subissent la crise avec une diminution de leurs horaires de travail et donc, de leur salaire, notamment dans le tertiaire et les entreprises de service.

Grèce

En Grèce des instruments de conciliation ont été mis en place pour faire face à l’augmentation de l’emploi féminin, du nombre de couples biactifs et de familles monoparentales.
Depuis 2012, malgré un maintien des allocations parentales, les difficultés pour concilier vie familiale et vie professionnelle se multiplient :
– baisse des revenus des ménages,
– dégradation des conditions de travail,
– diminution du recours aux congés parentaux : plus l’emploi est précaire et menacé, moins les congés parentaux sont pris,
– diminution des dépenses publiques pour les modes de garde : fermeture de structures par manque de personnel, insuffisance de l’offre par rapport à la demande.

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, on ne parle pas de conciliation des temps mais de « COMBINAISON ».
Depuis les années 70, le temps partiel a été porté par les mouvements féministes comme permettant un retour à l’emploi des femmes tout en apportant une reconnaissance du travail fait à la maison et en revendiquant un partage des tâches. Cette flexibilité du temps de travail est un avantage pour l’entreprise mais également pour les salarié-e-s.
De 2003 à 2013, l’augmentation du taux de travail à temps partiel des femmes est passé de 30 à 72 %. Mais ce taux n’est pas homogène, moins les femmes sont qualifiées, moins elles travaillent.

France

L’activité militante des femmes apporte un temps supplémentaire à concilier en plus de la vie personnelle et de la vie professionnelle.
L’engagement syndical n’est pas simplement une affaire de conviction mais dépend des conditions matérielles de sa mise en œuvre. En effet, voici encore un domaine où les femmes sont sous-représentées et une des explications avancée est le manque de temps.

Les autres explications sont :
– les réticences des conjoints : l’engagement des hommes prime sur celui des femmes,
– les femmes ont encore en charge les tâches domestiques et parentales,
– les femmes prennent en charge les enfants et les parents vieillissants.
Les organisations syndicales ne sont pas que le reflet passif de ce qui se passe mais peuvent également reproduire le schéma.

Pour aller plus loin :

Retrouver l’intégralité des articles sur le site de l’IRES : http://www.ires-fr.org/publications/la-chronique-internationale/675-chronique-de-l-ires-n-152-numero-special-decembre-2015-variations-de-la-conciliation-vie-familiale-vie-professionnelle-dans-l-ocde

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