Laurence CREVEL, Fondatrice d’Amalthea

C’est un beau parcours que vous allez découvrir aujourd’hui, celui de Laurence CREVEL, Fondatrice d’Amalthea. Son métier d’avocate la passionnait mais, à l’arrivée de son enfant, elle s’est rendue compte de la difficile conciliation entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Insatisfaite de la situation qu’elle vivait, elle s’est lancée dans l’entrepreneuriat et nous en parle tout de suite.

Laurence CREVEL - fondatrice d'Almathea

Laurence CREVEL – Fondatrice d’Amalthea

En quelques mots, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

En quelques mots, je m’appelle Laurence Crevel, j’ai 31 ans et j’ai un petit garçon de 19 mois. J’ai exercé en tant qu’avocate en droit du travail pendant 5 ans avant de fonder mon entreprise, Amalthea.

A quel moment avez-vous eu envie de “quitter la robe” pour reprendre votre expression ?

Quelques mois après ma reprise du travail.

Lorsque je suis revenue de congé maternité et que je suis revenue travailler au sein du cabinet d’affaires dans lequel je travaillais, je me suis retrouvée une motivation que je n’avais pas connue depuis des années ! J’avais envie de tout faire, tout mener de front : ma carrière, ma vie personnelle.

Mais j’ai vite déchanté. J’avais demandé un aménagement de mes horaires pour pouvoir récupérer mon fils un jour sur deux. Donc un jour sur deux, je partais du bureau à 18h30, je le récupérais à 19 heures, puis je me reconnectais une fois mon fils couché (vers 21 heures). L’autre soir sur deux, je rentrais vers 21h30/ 22 heures, et mon fils dormait déjà. Ce système s’est rapidement révélé insatisfaisant pour moi et pour mon patron : lui avait l’impression que je ne bossais pas autant que mes collègues, puisqu’il ne me voyait pas, et moi j’avais l’impression de laisser tomber mon fils un soir sur deux (ce qui a eu des conséquences sur son sommeil notamment).

J’ai rapidement compris que j’étais en face d’un choix crucial : devais-je me concentrer sur ma carrière d’avocate, et revenir sur un système où je suis au bureau tous les soirs, ou au contraire me concentrer sur mon enfant ? Je voulais travailler, j’avais envie d’avoir une réalisation de carrière dont je pouvais être fière. Mais je n’avais pas envie que ce soit au détriment de mon fils ! C’est à ce moment que j’ai pensé à créer mon entreprise, pour pouvoir définir seule mes conditions de travail et mes conditions de réussite.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir créer Amalthea ?

La recherche de la flexibilité et la création de valeur.

Beaucoup de personnes de mon entourage m’ont demandé pourquoi je ne m’étais pas installée en tant qu’avocate indépendante. La réponse est double : tout d’abord, j’ai traité pendant ma carrière des dossiers dont les enjeux juridiques et intellectuels étaient de très haut niveau. C’est ce qui me plaisait dans mon métier, et je savais qu’en m’installant, j’allais perdre ça car ce type de dossiers n’est pas confié à l’avocat lambda. Ensuite, c’est le métier même d’avocat qui me semblait contraignant : les clients ont pris l’habitude d’appeler leur avocat la veille pour avoir une réponse le lendemain. Je ne pensais pas réussir à atteindre mon but de flexibilité en restant avocate.

L’autre motivation que j’avais était de créer quelque chose de nouveau. Avocate, c’est un métier que tout le monde connaît, il n’y a plus grand chose à réinventer. Alors qu’en créant ma société, j’avais la possibilité de développer un concept peu ou pas du tout existant.

Pouvez-vous nous dire en quoi consiste Amalthea ?

J’aide les parents qui emploient une nounou à domicile à la gérer. En d’autres termes, je les accompagne à chaque phase : lors de la rédaction du contrat de travail, pour calculer le salaire, décompter les congés payés, établir l’attestation de salaire en cas de maladie, mais aussi à la fin du contrat, au moment du licenciement ou de la rupture conventionnelle par exemple.

Amalthea a également une activité de recrutement de nounou, sur le mode « chasseur de tête ». Je me charge de rencontrer les potentielles candidates, en leur faisant passer différents tests et vérifiant tous les détails, avant de ne proposer que les meilleures aux parents.

Almathea illustration

Illustration Almathea

Comment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans ce nouveau concept ?

Lorsque j’ai repris le travail après mon congé maternité, j’ai trouvé une nounou pour garder mon fils ainsi qu’une co-famille pour faire une garde partagée. J’ai passé énormément de temps pour tout : pour trouver une nounou qui nous convenait, pour rédiger son contrat de travail, pour calculer son salaire (surtout quand il y a des absences !), pour décompter ses congés payés… Ma première nounou est d’ailleurs partie en congé maternité moins d’un an après le début de son contrat. Vous me croyez si je vous dis que j’ai dû refaire l’attestation de salaire trois fois ? La CPAM avait toujours quelque chose à y redire !

J’ai senti qu’il y avait un besoin pour les parents, qui deviennent particulier employeur sans parfois avoir de connaissance en droit, et qui ne savent tout simplement pas comment faire. Et ils n’ont pas toujours les moyens d’avoir recours à un avocat. J’ai donc souhaité mettre mes connaissances à leur service, et pour un prix abordable.

Amalthea illustration parents papiers

Illustration Amalthea

Avez-vous pu bénéficier d’un accompagnement par une structure pour vous aider dans votre projet ?

Je n’ai pas tellement cherché d’accompagnement spécifique, mais je me suis entourée des bonnes personnes. Mon premier soutien est mon mari, multi-entrepreneur lui-même, et qui a su (et sait toujours) me donner les bons conseils.

Ensuite, je me suis rapprochée de certains réseaux, et notamment l’association Mampreneurs, où j’ai pu trouver à la fois bienveillance et conseils. Cette association organise chaque mois un Mamcafé qui permet de se retrouver une matinée et d’échanger sur nos avancées et nos objectifs. C’est toujours un très bon moment.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées dans votre parcours de créatrice ?

La solitude.

J’ai souhaité créer Amalthea toute seule, parce que j’en avais assez qu’on me dise comment faire mon travail et que j’avais envie de pouvoir tout faire toute seule. J’avais envie de pouvoir décider du logo seule, de décider de ma communication seule, etc. J’avais besoin de retrouver cette liberté.

Le pendant de cette liberté, c’est la solitude ! Je me retrouve très souvent à me poser des questions auxquelles je n’ai pas forcément la réponse. S’il s’agit de questions juridiques, j’appelle des anciens collègues et j’échange avec eux. Je travaille d’ailleurs régulièrement avec un ancien confrère qui s’est installé, et qui m’assiste dans le travail juridique. Mais quand il s’agit de questions « autres », c’est plus difficile.

De quoi aviez vous ou avez-vous encore besoin aujourd’hui par rapport à votre activité ?

De me faire connaître ! Beaucoup de personnes à qui j’explique mon concept me disent que c’est formidable, c’est une super idée, etc. Et d’ailleurs, la majorité de mes clients proviennent du bouche à oreille. Mais le bouche à oreille a ses limites ! Aujourd’hui, je cherche à faire connaître Amalthea au plus grand nombre.

Comment faites-vous pour concilier votre vie de famille et le lancement de votre activité ?

C’était la partie facile ! Pouvoir travailler quand je voulais m’a vraiment aidé. D’ailleurs, quand je me suis lancée en septembre 2015, j’ai eu une « galère de nounou » qui m’a directement plongé dans le grand bain. J’ai dû mettre mes compétences en matière de recrutement en action. J’ai trouvé la perle rare en trois semaines, une nounou géniale, branchée Montessori et qui participe à l’éveil des enfants de manière formidable.

Après cet épisode, j’ai eu des moments où j’étais plus chargée que d’autres et où la clé de la conciliation a été l’implication de mon mari. Comme il est également entrepreneur, c’est plus facile pour nous de s’adapter.

De manière générale, on a une règle : on essaye tous les deux de rentrer à la maison une fois la garde terminée, et on passe deux ou trois heures en famille. C’est-à-dire plus de portable, plus d’ordinateur. On prépare le repas, on dîne tous les trois, puis mon fils prend son bain, on joue un peu avec lui, et ensuite dodo. Ce n’est qu’une fois mon fils couché qu’on peut reprendre nos ordinateurs et travailler.

Almathea nounou

Illustration Almathea

Quelles solutions avez-vous mises en place pour faciliter votre quotidien ?

Se faire aider. Nounou, femme de ménage bien entendu, mais aussi appel aux grands-parents en cas de souci (j’ai la chance d’avoir mes beaux-parents qui habitent à deux stations de métro !).

Et encore plus important : une répartition égalitaire des tâches domestiques. Nous nous sommes répartis certaines tâches avec mon mari, selon un consensus sur ce qui nous semblait égalitaire, et on s’y tient.

Quels conseils pourriez-vous donner aux personnes qui souhaitent se lancer dans la création de leur activité ?

De bien définir pourquoi elles souhaitent le faire. La motivation est différente chez chaque personne. Pour mon mari, ce qui a toujours été important, c’est de ne pas avoir de patron. Pour moi, c’était la flexibilité. Il faut se rappeler ces raisons tout au long du parcours, car ce n’est pas un long fleuve tranquille… Parfois, je me demande si j’ai bien fait, si je n’aurais pas dû rester avocate. Mon mari me rappelle alors les raisons qui m’ont poussée à entreprendre et je me rappelle que j’ai fait le bon choix !

Autre conseil, bien se préparer financièrement. Une nouvelle activité est rarement rentable la première année. Pour ma part, outre les économies faites pendant que j’étais avocate, je me suis inscrite comme auto-entrepreneur pour pouvoir donner des formations en droit du travail, car en tant qu’ancienne avocate, je ne touche pas le chômage. Et sans revenu, l’aventure entrepreneuriale peut être de courte durée…

Si vous avez quelque chose à ajouter, c’est à vous !

Entreprendre, c’est comme un saut en parachute : il y a ceux qui aimeraient beaucoup le faire, mais qui ne sautent jamais le pas ; et pour ceux qui ont le courage de sauter, ils ressentent cette poussée d’adrénaline incroyable qui procure à la fois beaucoup de bonheur et beaucoup d’anxiété (vais-je arriver à terre sans encombre ?). Si cela vous tente, allez-y, sautez ! Mais ne sabotez pas votre parachute, et préparez-vous avant.

Merci Laurence pour ce témoignage très riche et intéressant.

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Si vous aussi vous avez envie de partager votre parcours de créatrice ou créateur d’entreprise, vous pouvez m’envoyer vos coordonnées par mail egalimere@gmail.com ainsi qu’un lien vers votre site ou votre page FB.
Pour rappel : ces interviews n’ont aucune visée promotionnelle de l’activité des personnes interrogées. Ces articles ne sont pas sponsorisés et encore moins rémunérés. L’objectif est de communiquer sur le thème de la création d’entreprise, d’apporter des informations et conseils.
 Signature Egalimère

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Comments

  1. By londrespourlesenfants

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