Harcèlement dans les transports : ENFIN !

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos, celui du harcèlement dans les transports en commun. Enfin, le Gouvernement s’empare de ce problème et lance le  Plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles.

Le 16 avril 2015, le Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (HCEFH) avait émis un “Avis sur le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun” qui amenait à prendre conscience de l’ampleur du phénomène :

100 % des utilisatrices des transports en commun ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexiste ou agressions sexuelles !!!

Harcèlement dans les transports
Infographie HCEFH

Après 6 mois de concertation, le Gouvernement lance (ENFIN) le Plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles qui reprend en grande partie les recommandations émises par le HCEFH.

Contre le harcèlement dans les transports en commun
Cliquez sur l’infographie pour accéder à la présentation du plan

Ce plan contre le harcèlement dans les transports comporte 12 engagements :

Harcèlement dans les transports

1. Des “marches participatives” d’usagères pour améliorer la sécurité des femmes dans les transports :

Les usagères des transports participeront activement à l’élaboration de réponses concrètes grâce à l’organisation de marches participatives dans les transports. Il s’agit de visites de terrain des
stations, des gares, des trains, des métros… avec des groupes d’usagères, les transporteurs, les élus concernés pour identifier les aménagements insécurisants ou pouvant être améliorés (éclairage, présence humaine, vidéoprotection, rames d’un seul tenant…).

2. Une campagne de sensibilisation à l’automne 2015 :

Une grande campagne sera lancée au cours de l’automne 2015  dans les transports en commun pour sensibiliser les usagères et les usagers.

Cette campagne d’affichage et sur Internet aura pour but de rappeler que le harcèlement et les violences sexistes sont punis par la loi, d’en dissuader les auteurs potentiels et d’inciter les témoins à être solidaires face à ces situations.
Elle s’accompagnera de supports pédagogiques et d’un espace sur Internet destinés à sensibiliser le public aux réactions adaptées à chaque situation.

3. Des messages pérennes :

Les transporteurs  intégreront la question du harcèlement sexiste et des violences sexuelles dans l’affichage et les outils de communications permanents sur les règles applicables aux voyageurs.

 

4. L’expérimentation de l’arrêt à la demande des bus la nuit :

Afin d’éviter qu’en soirée les  usagers n’aient à effectuer de trop long trajets à pied à parcourir dans des espaces peu sécurisants, la TAN (Transports de l’agglomération nantaise) expérimentera l’arrêt des bus à la demande sur certaines lignes en soirée. Une évaluation permettra d’étudier l’intérêt et l’efficacité de cette mesure pour envisager sa généralisation.

5. La mobilisation des services de l’État sur tout le territoire

6. Des services d’alerte téléphoniques :

Le  3117, numéro d’urgence de la SNCF traitera les cas de violences sexuelles et de harcèlements
sexistes. Le 3246 de la RATP permettra également de signaler ces situations. 

7. L’instauration de l’alerte par SMS : 

Dans certains contextes d’agression, certains témoins peuvent craindre pour leur sécurité personnelle en signalant les faits par téléphone. L’alerte par SMS permettra à l’avenir plus d’instantanéité et de discrétion. Elle sera mise en place par la SNCF pour le 3117 avant la fin de l’année 2015.

8. Le développement de nouveaux outils numériques d’alerte et de signalement : 

La RATP et la SNCF renforceront le suivi des signalements qui leurs seront transmis sur les réseaux sociaux. L’intégration d’un formulaire dédié aux signalements a posteriori sera également mis en place sur RATP.fr 

9. Un travail continu de suivi du phénomène : 

Le  suivi plus attentif et la meilleure comptabilisation et catégorisation de faits actuellement mal
identifiés permettra d’améliorer la lutte contre ces violences.
 

10. Des personnels mieux formés : 

La formation et la sensibilisation des personnels des sociétés de transport, notamment ceux en contact du public, à la question du harcèlement sexiste et des violences sexuelles permettra d’améliorer l’accompagnement des victimes.


La Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) développera à cet effet des outils de formation qu’elle diffusera auprès des entreprises de transport. 

11. Favoriser la mixité dans les entreprises de transport : 

Une  attention particulière sera portée à la mixité dans les effectifs des entreprises de
transport.
 

12. Lutter contre la diffusion des messages sexistes :

Un  travail sera engagé pour éliminer les messages sexistes, notamment publicitaires dans les transports en commun, qui créent un environnement hostile pour les femmes. Les procédures de validation des campagnes publicitaires devront intégrer cette dimension, de façon  à ce que les publicités diffusées n’aient pas de caractère sexiste.

Comment ces mesures seront-elles mises en application ? Est-ce que les différents partenaires vont prendre en compte ces dernières ? Est-ce que nous serons moins confronté-e-s à des images sexistes dans les transports en commun ? 

 De nombreuses questions restent en suspens mais c’est une très bonne chose que le Gouvernement se saisisse enfin de ce problème. En effet, comme le mentionnait l’avis du HCEFH, 100 % des utilisatrices sont touchées par le harcèlement dans les transports en commun. Il était grand temps de mettre en place des actions et des campagnes d’information.

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